Saul, page 27

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Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard. Lire la suite

Ça, c’est Isabelle Corlier

Drôle d’oiseau, Isabelle Corlier. C’est une scribouillasse. Voici la définition qu’elle en donne sur son blog.

« SCRIBOUILLARD (N.M)
Animal vertébré et bizarrement cortiqué, résidant principalement en Imaginaire. Obsédé compulsif de la page blanche.
Féminin : Scribouillasse. »

Le ton est donné. J’ai croisé le chemin d’Isabelle dans une galaxie endimanchée et silencieuse de la blogosphère, Le Silent Sunday. Et un beau jour, j’apprends qu’elle a publié son premier roman, un polar, Ring Est, aux éditions Ker, lequel a reçu le Prix Fintro Écritures Noires 2017. Maniaque de la page blanche donc mais également de la page noire. La quatrième de couverture est plutôt séduisante.  Lire la suite

Vous avez un moment ? # 2

Ah, le voilà ! En effet, je conserve tout ! Écoutez.

« Votre lettre m’a effrayée. Si vous persistez à avoir pour principal objectif de connaitre toutes les sensations possibles – car, comme état d’esprit passager, c’est normal à votre âge – vous n’irez pas loin. J’aimais bien mieux quand vous disiez aspirer à prendre contact avec la vie réelle. Vous croyez peut-être que c’est la même chose ; en fait, c’est juste le contraire. Lire la suite

Vous avez un moment ? # 1

Smartphone

Ce mercredi soir, à la radio, un brouhaha puis une voix. Il est question d’écrans, de smartphones, d' »hypnose par écran« . Je n’ai retenu ni le nom de l’émission, ni celui de l’invité. Mais le lendemain, grâce aux nouvelles technologies, je parviens à réécouter l’émission en podcast. Je retranscris ici quelques propos entendus. Lire la suite

La plume de Joséphine

Joséphine Lanesem

« Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense ! ». On pourrait appliquer ce mot de Baudelaire à l’exercice de style que s’impose et propose Joséphine Lanesem avec brio dans son recueil Je serai ta cage et ta forêt. A partir de cinq mots choisis par ses proches et amis, elle compose un récit pour chacun, « comme une histoire sur mesure », à la manière d’un musicien inspiré, échevelé.

La plume de Joséphine, c’est la « plume du joséphin, oiseau azuré des glaciers ». C’est la plume de l’oiseau de Paradis niché dans la transparence éclatante de L’Arbre du Paradis, incarné par le souffle des pinceaux de Séraphine de Senlis (quelle merveilleuse mise en bouche que la première de couverture !). C’est un don, un abandon qui a le bon goût de l’enfance, de l’étrangeté, de l’intériorité. Comme l’a souligné une grenouille amoureuse d’un hortensia (mais-pas-que), c’est surtout une déclaration d’amour à ses proches et amis – et aussi une offrande généreuse à ses lecteurs.

J’ai lu quelque part que la vie est « responsablement heureuse, malgré sa mélancolie« . Même si je soupçonne Joséphine de venir d’une autre planète, nous sommes bel et bien sur Terre dans son livre. Les personnages que l’on rencontre sont souvent abîmés par la vie. Et pourtant la légèreté pointe le bout de son nez à chaque page.

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La Pléiade

Lire me transporte.

Je me faisais une joie de passer ma soirée en compagnie de Nathalie Sarraute. Dans ma bibliothèque, mes livres sont plus ou moins classés par ordre alphabétique. Pourtant, à la lettre S et dans son voisinage le plus proche, après plusieurs vérifications, je dois me rendre à l’évidence : pas de Tropismes en édition de poche !

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