Loïc Demey

« C’est à l’écoute de Prendre corps, poème de Ghérasim Luca mis en musique et interprété par Arthur H, que Loïc Demey, professeur d’éducation physique dans un collège mosellan depuis une dizaine d’années, se lance dans l’écriture de Je, d’un accident ou d’amour.
De Ghérasim Luca, il garde l’idée d’omettre les verbes, qu’ils soient conjugués ou à l’infinitif, et de les troquer pour des noms, des adjectifs ou des adverbes. »
Extrait de la préface d’Antoine Wauters

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Ghérasim Luca. 1

Ghérasim Luca 1

Ghérasim Luca

Extraits de Prendre corps de Ghérasim Luca in Héros-Limite suivi de Le Chant de la carpe et de ParalipomènesPréface d’André Velter, Collection Poésie (n° 364), Gallimard, 2001

Quelques ressources sur Ghérasim Luca (1913 – 1993)

Le poème Prendre corps mis en musique et interprété par Arthur H et Nicolas Repac
La page des Éditions José Corti
Le récital-télévisuel de Raoul Sangla, Comment s’en sortir sans sortir

Marguerite Yourcenar, à propos de Roger Caillois

 

« En présence de cette humanité sentie plus que jamais comme précaire, en présence même de ce monde animal et végétal dont nous accélérons la perte, il semble que l’émotion et la dévotion de Caillois se refusent ; il cherche une substance plus durable, un objet plus pur. Lire la suite

Roger Caillois. 2

Quartz jaspe dite "Orbite"

Quartz jaspe dite Orbite, Museum National d’Histoire Naturelle,
Galerie de Minéralogie, Dation Roger Caillois,  Paris,
photo © andrea couturet 2018

« La vision que l’œil enregistre est toujours pauvre et incertaine. L’imagination l’enrichit et la complète, avec les trésors du souvenir, du savoir, avec tout ce que laissent à sa discrétion l’expérience, la culture et l’histoire, sans compter ce que, d’elle-même, au besoin, elle invente ou elle rêve. Aussi n’est-elle jamais à court pour rendre foisonnante et despotique jusqu’à une presque absence. »

L’Écriture des pierres, Roger Caillois, Skira-Flammarion, Collection Champs, 1981 (page 91)

Natrolite sur basalte

Natrolite sur basalte, Museum d’Histoire Naturelle,
Galerie de Minéralogie, Trésors de la Terre, Paris, photo © andrea couturet 2018

Benoît Lambert. 2

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Qu’est-ce que le théâtre ? Autre pièce irrésistible de Benoît Lambert que je n’ai pas (encore) vue mais que je viens de lire. En voici un extrait.

Deux personnages « se tiennent debout devant un paperboard qu’ils vont utiliser pendant tout le spectacle comme support à leur conférence ».

 » […]

EMMANUEL. – Alors, pas d’inquiétude, nous n’allons pas vous faire un cours théorique sur le théâtre. « Qu’est-ce que le théâtre ? » c’est d’abord un programme de détente. Mais c’est aussi un programme d’information, qui  va tenter d’appréhender les questions nombreuses que  vous vous posez sur le théâtre, questions pour lesquelles vous manquez cruellement de réponses et parfois tout simplement, disons-le, d’outils… Nathalie.  Lire la suite

Roger Caillois. 1

Agate oeillée (RCaillois)

© Laboratoire de Minéralogie – MNHN – Paris

« L’extrême diversité des agates entraîne qu’elles présentent une multitude d’images, qui presque toutes, d’ailleurs, demeurent imprécises et ambiguës comme figures de nuées. Il faut, pour les arrêter, que l’imagination y mette du sien et qu’elle se tienne au simulacre qu’elle a choisi de déchiffrer. En outre, les dessins dépendent des espèces. On retrouve des motifs analogues sur les agates de même provenance, au point qu’un amateur expérimenté pourrait déduire celle-ci de la topographie des veines, des taches, des poches, des strates, révélée par la coupe et le polissage de l’échantillon envisagé. Lire la suite

Benoît Lambert. 1

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Benoît Lambert est metteur en scène. Depuis 2013, il est directeur du Théâtre Dijon-Bourgogne. Il est également l’auteur de plusieurs pièces de théâtre dont Bienvenue dans l’espèce humainecréée le 13 février 2012 au lycée Stephen Liégeard à Brochon (Côte-d’Or). Il m’a été donné d’assister à une représentation de cette pièce récemment, interprétée par deux comédiennes, Anne Cuisenier et Géraldine Pochon. C’est drôle, fin, grinçant, déstabilisant (pas du tout racoleur, comme on pourrait le croire au départ). En voici un extrait.  Lire la suite

Marcel Proust # 9

Freepix« Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer, comme les œufs durs, les journaux illustrés, les jeux de cartes, les rivières où des barques s’évertuent sans avancer. À un moment où je dénombrais les pensées qui avaient rempli mon esprit pendant les minutes précédentes, pour me rendre compte si je venais ou non de dormir (et où l’incertitude même qui me faisait me poser la question était en train de me fournir une réponse affirmative), dans le carreau de la fenêtre, au-dessus d’un petit bois noir, je vis des nuages échancrés dont le doux duvet était d’un rose fixé, mort, qui ne changera plus, comme celui qui teint les plumes de l’aile qui l’a assimilé ou le pastel sur lequel l’a déposé la fantaisie du peintre. Mais je sentais qu’au contraire cette couleur n’était ni inertie, ni caprice, mais nécessité et vie. Lire la suite

Dans le « creux intérieur » d’Esther

Bouleversée par les mots d’Esther Luette, je partage !

« Tu me fatigues »

Penchée sur la table à repasser, j’essuie d’une main distraite la vapeur qui me monte au visage, dans un geste las, maintes et maintes fois esquissé par d’antiques lignées de lavandières avant moi.

Cessez-le feu d’un dimanche ordinaire. Assignée à résidence dans l’étroit périmètre de la planche, bercée par les va et vient réguliers du fer, je ne perçois plus que vaguement les trajectoires erratiques des uns et des autres dans la pièce, trop absorbée par l’Everest de linge hebdomadaire.

De temps à autre, le chuintement régulier de la vapeur signale discrètement ma présence. J’apprécie le – trop rare – incognito que procure l’immobilité au cœur du fourmillement ambiant. Faire soudain partie des meubles auquel nul ne prête attention me délivre alors des sollicitations incessantes de tout microcosme familial. Pour autant, si pesante que cette domestication puisse parfois s’avérer, j’ai toujours aimé repasser. »

La suite, sur le blog d’Esther Luette, Journal sous la surface

Guy Goffette # 2

« La dernière image, c’est un homme en imperméable, chapeau sur la tête, qui arpente avec son ami Vuillard le musée du Luxembourg. L’année importe peu, la lumière extérieure est belle pour la saison. L’homme tout à coup s’arrête devant un tableau, son front se plisse, il se recule, change d’angle, rien à faire : les bras lui tombent.

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