Astéroïdes. Madeleine et Léonie ~ 9

Mad et Léo (Astéroides)

© andrea couturet

[On entend deux mouches voler. Puis, au bout de onze secondes et six centièmes, soit une éternité].

– Alors il paraît que nous sommes « attachantes et énigmatiques »…
– Mmm…
Joséphine, quel prénom ravissant ! Fin, poétique, scintillant.
– Primo, permets-moi de te dire que ta série adjectivale est d’une pauvreté sans nom. Deuxio, tu fais preuve d’une naïveté confondante. Si ça se trouve, il s’agit d’un pseudo.
– Un. Je ne te permets pas de me parler de la sorte. Deux. Un pseudo, et alors ?
[Tout à coup, elles se mettent à chuchoter. Impossible de percevoir le moindre écho de leur conciliabule. Puis au bout de quelques secondes].
– Ah ! Mon intuition me dit que Joséphine sait « voir les moutons à travers des caisses ». C’est pourquoi je crois intimement qu’elle est originaire de l’astéroïde B 612.
– Ben voyons. Seul le côté obscur de la Force pourrait lui donner ce genre de pouvoir.
– ARRETE TOUT DE SUITE CES INVECTIVES GROTESQUES ! N’oublie pas que l’hôpital psychiatrique est à deux pas.
– Oh là là, si on ne peut plus plaisanter. [à part soi. Il n’empêche que toutes ces filles qui se croient spéciales me donnent la nausée.]
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Pour Soa. Madeleine et Léonie ~ 3

Madeleine et Léonie

© Andrea Couturet

– Qui est Soa ?
– Quoi ?!
– Tu as besoin d’une prothèse auditive, Madeleine. Intra-auriculaires, contour d’oreilles… Un clic, et hop. JE TE DEMANDE QUI EST SOA ?
– NE CRIE PAS !!!
– Mais je ne crie pas.
– Tu prétends ne pas connaître Soa ???
– Pourquoi devrais-je la connaître ? Les premiers commentaires postés sur ce blog sont signés Soa. Je repose ma question : c’est qui ? Dis-moi que ce n’est pas un robot – même féminin.
– Eh bien, on pourrait dire que cette jeune femme, qui n’est pas un automate, symbolise à elle seule ce qu’il est convenu d’appeler un déclic.
– Un déclic. Tu peux préciser.
– Le mot n’est pas très poétique, j’en conviens, mais je n’en ai pas trouvé d’autre. Vois-tu, sans Soa, ce blog n’aurait jamais vu le jour.
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Ubiquité. Madeleine et Léonie ~ 2

Madeleine et Léonie

© Andrea Couturet

– Eh bien, comment vas-tu depuis la dernière fois ? Tu parviens à apprivoiser ton nouvel espace-temps numérique ?
– Je ne suis pas là.
– Ah. Et t’es où ?
– Dans le train. Attention, on entre dans un tunnel, ça va couper.
– Ma pauvre Léonie, tu ne crois pas qu’il serait temps d’accueillir avec curiosité, bienveillance et pragmatisme cette époque nouvelle. Tu sous-estimes ses richesses et…
– Silence ! Tu ne vois pas que je suis au Musée de la Vie romantique, en compagnie de Pierre-Joseph Redouté. J’aime tellement la délicatesse de son travail. Et ses roses sont tellement plus expressives que tes misérables campanules.
– Elle a prévu de s’y rendre, je crois, dans les prochains jours.
– Et c’est au tour de Thomas Pesquet, sur son compte Instagram de me faire les yeux doux. Il est de retour sur Terre demain ! Te rends-tu compte ?! Qu’est-ce qu’il m’a fait rêver, celui-là ! On peut dire qu’il est doué pour la communication…
– Euh, tu es sûre que ça va ?
– Quant à lui, j’adore ses créations si singulières. Encre de chine et vieux papiers. Encore une bien belle découverte !
– Euh… Tu veux boire quelque chose ? Un Vodka Martini ?
– Il suffit d’un clic pour être ici et ailleurs. Vive Internet !

Juin 2017
© andrea couturet