Aldorisant

 

« Le temps est élastique » me disait un de mes amis récemment, en guise de provocation affectueuse. Aussi, afin de mettre en pratique cette théorie de l’élasticité du temps, ai-je écouté Aldor dans son Improvisation du 17 novembre dans laquelle il convoque avec grâce la création au sens large du terme. 

Plus précisément, il s’interroge avec justesse sur l’aspect immuable du processus de création, qu’il soit naturel ou humain et ses mots revêtent une teinte particulière au moment où je classe et répertorie mes photos prises au Museum d’Histoire naturelle – décidément, la visite de l’exposition Trésors de la Terre n’en finit pas de me hanter. Lire la suite

Patrick Süskind

« Cela fait trente ans que je sais lire, je n’ai peut-être pas lu beaucoup, mais j’ai tout de même lu un certain nombre de choses, et tout ce qui m’en reste, c’est le souvenir très approximatif qu’au deuxième volume d’un roman de mille pages, il y a quelqu’un qui se tue d’un coup de pistolet. Trente ans que je lis pour rien ! Des milliers d’heures, de mon enfance, de ma jeunesse et de mon âge adulte, passées à lire et à n’en retenir rien qu’un immense oubli. Et ne croyez pas que le mal s’atténue, au contraire, il empire. Lire la suite

Giacomo Leopardi

L’Infini

Toujours chère me fut cette colline
Solitaire, et chère cette haie
Qui refuse au regard tant de l’ultime
Horizon de ce monde. Mais je m’assieds,
Je laisse aller mes yeux, je façonne, en esprit,
Des espaces sans fin au-delà d’elle,
Des silences aussi, comme l’humain en nous
N’en connaît pas, et c’est une quiétude Lire la suite

Madeleine et Léonie chez Proust

« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine.
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