Vous avez un moment ? # 2

Ah, le voilà ! En effet, je conserve tout ! Écoutez.

« Votre lettre m’a effrayée. Si vous persistez à avoir pour principal objectif de connaitre toutes les sensations possibles – car, comme état d’esprit passager, c’est normal à votre âge – vous n’irez pas loin. J’aimais bien mieux quand vous disiez aspirer à prendre contact avec la vie réelle. Vous croyez peut-être que c’est la même chose ; en fait, c’est juste le contraire. Lire la suite

Vous avez un moment ? # 1

Smartphone

Ce mercredi soir, à la radio, un brouhaha puis une voix. Il est question d’écrans, de smartphones, d' »hypnose par écran« . Je n’ai retenu ni le nom de l’émission, ni celui de l’invité. Mais le lendemain, grâce aux nouvelles technologies, je parviens à réécouter l’émission en podcast. Je retranscris ici quelques propos entendus. Lire la suite

Giacomo Leopardi

L’Infini

Toujours chère me fut cette colline
Solitaire, et chère cette haie
Qui refuse au regard tant de l’ultime
Horizon de ce monde. Mais je m’assieds,
Je laisse aller mes yeux, je façonne, en esprit,
Des espaces sans fin au-delà d’elle,
Des silences aussi, comme l’humain en nous
N’en connaît pas, et c’est une quiétude Lire la suite

Madeleine et Léonie chez Proust

« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine.
Lire la suite