Salvador Dali

« Je n’aime lire que ce que je ne comprends pas. Ne comprenant pas, je peux imaginer de multiples interprétations ».

« J’aime dire que Marcel Proust, avec son introspection masochiste et sa décortication anale et sadique de la société, a réussi à composer une espèce de prodigieuse bisque d’écrevisses, impressionniste, super-sensible, et quasi-musicale. Il n’y manque que les écrevisses dont on peut dire qu’elles n’y sont que par essence ». 

Jeune fille à la fenêtre, Dali, 1925

 

« J’ai la certitude que mes qualités d’analyste et de psychologue sont supérieures à celle de Marcel Proust. Non seulement parce que parmi de nombreuses méthodes qu’il ignorait, je me sers de la psychanalyse, mais surtout parce que la structure de mon esprit est d’un type éminemment paranoïaque, donc des plus indiqués pour ce genre d’exercice, tandis que les structures du sien était celle d’un névrosé déprimé, c’est-à-dire de moins apte à ces investigations. Chose qu’il est facile de reconnaître au style déprimant et distrait de ses moustaches qui, comme celles encore plus déprimantes de Nietzsche, sont exactement à l’opposé des bacchantes alertes et gaies de Velasquez ou, mieux encore, de celles ultrarhinocérontesques de votre génial et humble serviteur ».

Extraits de Journal d’un génie, Salvador Dali, Gallimard, 1952