Loïc Demey

« C’est à l’écoute de Prendre corps, poème de Ghérasim Luca mis en musique et interprété par Arthur H, que Loïc Demey, professeur d’éducation physique dans un collège mosellan depuis une dizaine d’années, se lance dans l’écriture de Je, d’un accident ou d’amour.
De Ghérasim Luca, il garde l’idée d’omettre les verbes, qu’ils soient conjugués ou à l’infinitif, et de les troquer pour des noms, des adjectifs ou des adverbes. »
Extrait de la préface d’Antoine Wauters

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Ghérasim Luca. 1

Ghérasim Luca 1

Ghérasim Luca

Extraits de Prendre corps de Ghérasim Luca in Héros-Limite suivi de Le Chant de la carpe et de ParalipomènesPréface d’André Velter, Collection Poésie (n° 364), Gallimard, 2001

Quelques ressources sur Ghérasim Luca (1913 – 1993)

Le poème Prendre corps mis en musique et interprété par Arthur H et Nicolas Repac
La page des Éditions José Corti
Le récital-télévisuel de Raoul Sangla, Comment s’en sortir sans sortir

Aldorisant

 

« Le temps est élastique » me disait un de mes amis récemment, en guise de provocation affectueuse. Aussi, afin de mettre en pratique cette théorie de l’élasticité du temps, ai-je écouté Aldor dans son Improvisation du 17 novembre dans laquelle il convoque avec grâce la création au sens large du terme. 

Plus précisément, il s’interroge avec justesse sur l’aspect immuable du processus de création, qu’il soit naturel ou humain et ses mots revêtent une teinte particulière au moment où je classe et répertorie mes photos prises au Museum d’Histoire naturelle – décidément, la visite de l’exposition Trésors de la Terre n’en finit pas de me hanter. Lire la suite

Minéral

Paésine

© Laboratoire de Minéralogie – MNHN – Paris

La pierre-aux-masures de Florence porte en son cœur
Un mystère spontané chargé de douceur,
Auréole minérale au trait sûr
Et malicieux qui donne à voir un antique vécu,
C’est un accident miraculeux que vous n’avez peut-être point vu.

Feuilles de menthe perlées de rosée,
Roseau aux fissures et plumeaux parfumés,
Ailes fracturées par un ciel de lumière,
Bateaux coulés en mer,
Chasseurs de pierres à images, chasseurs de couleurs, Lire la suite

Dans le « creux intérieur » d’Esther

Bouleversée par les mots d’Esther Luette, je partage !

« Tu me fatigues »

Penchée sur la table à repasser, j’essuie d’une main distraite la vapeur qui me monte au visage, dans un geste las, maintes et maintes fois esquissé par d’antiques lignées de lavandières avant moi.

Cessez-le feu d’un dimanche ordinaire. Assignée à résidence dans l’étroit périmètre de la planche, bercée par les va et vient réguliers du fer, je ne perçois plus que vaguement les trajectoires erratiques des uns et des autres dans la pièce, trop absorbée par l’Everest de linge hebdomadaire.

De temps à autre, le chuintement régulier de la vapeur signale discrètement ma présence. J’apprécie le – trop rare – incognito que procure l’immobilité au cœur du fourmillement ambiant. Faire soudain partie des meubles auquel nul ne prête attention me délivre alors des sollicitations incessantes de tout microcosme familial. Pour autant, si pesante que cette domestication puisse parfois s’avérer, j’ai toujours aimé repasser. »

La suite, sur le blog d’Esther Luette, Journal sous la surface