Le Renard et les Raisins, fresque murale # 3

Le Renard et les Raisins

Illustration de la fable Le Renard et les Raisins
Jean de La Fontaine
Fresque murale (Sèvres, Hauts-de-Seine)

Capture Certain Raisin Gascon, d’autres disent Normand
(Ce cépage voué aux vendanges tardives,
ne connait pas vraiment le soleil des Maldives),
Mourant presque de froid vit du haut de sa treille
un Renard trottant par les champs,
Couvert d’une fourrure vermeille.

Il en eût fait volontiers pelisse contre le froid ;
Mais comme, cloué sur l’échalas,
le chasselas n’y pouvait atteindre :
« Je suis assez couvert, dit-il, et bon pour les frimas. »
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?  Capture 2

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Salvador Dali

« Je n’aime lire que ce que je ne comprends pas. Ne comprenant pas, je peux imaginer de multiples interprétations ».

« J’aime dire que Marcel Proust, avec son introspection masochiste et sa décortication anale et sadique de la société, a réussi à composer une espèce de prodigieuse bisque d’écrevisses, impressionniste, super-sensible, et quasi-musicale. Il n’y manque que les écrevisses dont on peut dire qu’elles n’y sont que par essence ».  Lire la suite

Emoi muséo

Sous mes pas, l’éloquence du bois réinvente son humeur savante.

On connaît sa fin, cela seul nous retient. Sous le voile épais du miroir, se dessine l’âpreté des jours intemporels. A l’ombre d’une magie froissée par une source d’images fécondes, fécondité censurée par la Majuscule, je découvre, non sans amertume, les œuvres qui ne sont pas, qui ne sont plus. Je goûte au fruit stérile des longues dernières années et je suffoque avec elle. Décomposée, je navigue au bon gré de son cri, lourd d’ivresse maladive. Lire la suite

Performances…

… ou comment couver des œufs de poule…

Guy de Maupassant, Toine (1885), in Toine et autres nouvelles, Folio Classique

[Un jour, le gros Toine, paysan rusé et bon vivant, se voit immobilisé dans son lit, à la suite d’une attaque. Il suggère alors à sa femme une idée qui pourrait paraître quelque peu saugrenue mais…].

 » — Il est chaud comme un four, vot’homme, qui n’sort point d’son lit. Eh ben, mé, j’li f’rais couver des œufs.
Elle demeura stupéfaite, pensant qu’on se moquait d’elle, considérant la figure mince et rusée du paysan qui continua :
J’y mettrais cinq sous un bras, cinq sous l’autre, l’même jour que je donnerais la couvée à une poule. Ça naîtrait d’même. Quand ils seraient éclos j’porterais à vot’ poule les poussins de vot’ homme pour qu’a les élève. Ça vous en f’rait d’la volaille, la mé !
La vieille interdite demanda :
— Ça se peut-il ?
L’homme reprit :
— Si ça s’peut ? Pourqué que ça n’se pourrait point ? Pisqu’on fait ben couver d’s œufs dans une boîte chaude, on peut ben en mett’ couver dans un lit.
Elle fut frappée par ce raisonnement et s’en alla, songeuse et calmée.
Huit jours plus tard elle entra dans la chambre de Toine avec son tablier plein d’œufs. Et elle dit :
– J’viens d’mett’ la jaune au nid avec dix œufs. En v’là dix pour té. Tâche de n’point les casser.
Toine éperdu, demanda :
– Qué que tu veux ?
Elle répondit :
J’veux, qu’tu les couves, propre à rien.
(…)

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Jeanne Benameur, « un petit tableau » ~ 1

Extrait de L’enfant qui de Jeanne Benameur, Actes Sud, 2017

Dans ce beau passage, il est question d’une oeuvre d’art – « un petit tableau ». Saurez-vous le reconnaître ? L’idée de ce billet me vient de Martine qui propose sur son blog un puzzle artistique tous les mardis et un puzzle poétique tous les jeudis (allez voir, c’est amusant, captivant et enrichissant !). J’ai tellement galéré pour identifier ce fichu tableau que je ne donne aucun indice. Na.

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Pathologies murales

Le cri d'une pathologie murale

 

Au secours ! Faites quelque chose, bon sang ! Vous ne pouvez pas les laisser faire ça ! Ma disparition est imminente ! Je ne suis que la conséquence d’une pollution urbaine assassine. Aidez-moi, je vous en prie ! Eh, toi, tu ne peux pas faire quelque chose pour moi ?

 

Cri jaune

Cri jaune, Benjamin Saulnier-Blache Source http://www.art-singulier.com/saulnier/saunier-cri-jaune.jpg

 

 

 

On ne joue pas dans la même cour, mon pote. Désolé.
A chacun son mur, à chacun son cri.
Tu peux toujours demander à mon ami, installé à Oslo, mais je crains qu’il ne soit en plus mauvais état que toi.