Une mélodie hors du temps

Madeleine et Léonie # 35

Longtemps Ciboulette d’Algouvres avait nourri le désir de s’installer en province, aux portes du Morvan, plus précisément au Creusot, ancienne cité industrielle désormais accessible depuis la capitale en une heure et vingt minutes, grâce aux performances prodigieuses du TGV – Temps à Grande Vitesse. Paris était devenue une ville aux contours douloureux, gris, irrespirables comme une toile de Jean Dufy qui aurait perdu tous ses pigments. Dans une démarche qui pourrait s’apparenter à celle de Patrice Louis (qu’un Charles Bovary collégien aurait prononcé Paticeri – mot aux consonances gourmandes qui ravivait en moi une sensation sibylline), « écrivain promeneur, blogueur malicieux, journaliste en éveil, gamin professionnel, gaucher aux yeux bleus », pouvait-on lire sur la page d’accueil de son blogue (page drapée d’une longue robe aux ondulations bleutées qu’aurait pu porter la plus jeune des Parques et ornée d’une étincelante haie d’aubépines signée Alan Halliday, peintre anglais aux traits de pinceau fluides, vivaces et colorés, et dont l’oeuvre ainsi mise en valeur sur la page d’accueil tel un frontispice aux femmes-fleurs animées de Grandville (1), ressemblait à s’y méprendre au petit raidillon du Pré Catelan à Combray),  Lire la suite

Pastiches proustiens. J -19

Pour mémoire,  la Société des amis de Marcel Proust organise un concours de pastiches proustiens. La date de dépôt des participations approche à grands pas puisqu’elle est fixée au dimanche 31 mars 2019 à minuit, heure de Paris.

Pour celles et ceux qui voudraient s’y frotter sans s’y piquer, toutes les informations sont à lire ici.

Proust

© Andrea Couturet 2019

Pasticher Proust, ça vous tente ?

Information

« Concours de Pastiches proustiens 2019

Présentation

A l’occasion du centenaire de la publication de Pastiches et Mélanges paru en juin 1919, la Société des Amis de Marcel Proust organise un concours de pastiches proustiens.

Pour mémoire, Marcel Proust se prit souvent au jeu pastiche littéraire, et notamment en 1908-1909, dans une série d’articles évoquant un même fait-divers, L’Affaire Lemoine. Ces pastiches furent réunis, en 1919, avec d’autres articles, dans un volume intitulé Pastiches et MélangesLe Temps retrouvé, dernier volume de A la recherche du temps perdu, contient également un célèbre pastiche du Journal des frères Goncourt. Le style de Proust a lui-même été souvent pastiché, par exemple par André Maurois (Le côté de Chelsea) ou Jean-Louis Curtis (La Chine m’inquiète ; La France m’épuise).

Proust

Voici ce que Proust écrit dans Contre Sainte-Beuve pour expliquer son goût du pastiche : « Dès que je lisais un auteur, je distinguais bien vite sous les paroles l’air de la chanson qui en chaque auteur est différent de ce qu’il est chez tous les autres et, tout en lisant, sans m’en rendre compte, je le chantonnais, je pressais les mots ou les ralentissais ou les interrompais tout à fait, comme on fait quand on chante où on attend souvent longtemps, selon la mesure de l’air, avant de dire la fin d’un mot. Je savais bien que si, n’ayant jamais pu travailler, je ne savais pas écrire, j’avais cette oreille plus fine et plus juste que bien d’autres, ce qui m’a permis de faire des pastiches, car chez les écrivains, quand on tient l’air, les paroles viennent bien vite ». »

Pour de plus amples informations, consulter le site de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray, ici.

Guillemets. Madeleine et Léonie #20

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Dis-moi, s’introduire ainsi dans une citation, n’est-ce-pas répréhensible, à tout le moins inopportun ?
– Qu’est-ce que tu racontes ?
– Une citation de Marcel Proust ! L’un des plus grands écrivains français, si ce n’est le plus grand !
– C’EST le plus grand. Et alors ?
– Mais enfin, il s’agit de la Madeleine, le passage le plus célèbre de son magnum opus !
– Laisse ton ouvrage, reprends tes aiguilles et poursuis ton ouvrage.
– Il paraît même qu’une pétition circule sur les réseaux sociaux pour qu’il entre au Panthéon !
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