S+dé. Agenda ironique, 09-2018

Ma participation à l’Agenda ironique de septembre 2018


Ce matin-là, tandis que la cavité buccale de Madeleine criait « Au feu ! » (après l’absorption un peu rapide d’un petit noir un peu trop chaud), Lėonie avait avalé sa Vodka martini cul sec. « N’oublie pas les Jacqueline (1) ! – Ne crains rien, elles sont dans mon sac. Dépêche-toi ! ». Le Jacquemart venait de sonner 7 heures. Il ne leur restait que vingt-quatre minutes avant le départ du train. Les jours précédents avaient été quelque peu éprouvants : elles s’étaient rendues au chevet de leur grande amie Bathilde, doublement atteinte d’une maladie inflammatoire chronique (la Mannequinasse Milo DH) et d’une maladie auto-immune (la Denaturea Coturae). Avant de rejoindre les verts pâturages, Bathilde avait demandé à ses amies de la rejoindre à Dijon pour leur faire part d’un « secret… d’une chose de la plus haute importance ».

Le retour vers Paris s’était passé sans encombre. Léonie avait dormi pendant toute la durée du trajet, non sans émettre quelques ronflements et autres borborygmes tonitruants. Quant à Madeleine, tout en savourant ses Jacqueline rose, elle considérait le paysage qui défilait à vive allure avec gravité et perplexité, en songeant à ce que leur avait confié Bathilde. « Bah, on verra bien sur place. Reste à savoir si Juliette voudra bien nous recevoir » se dit-elle. Une heure et quarante et une minutes plus tard, le train faisait son entrée en Gare de Lyon.
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Ce matin, avant d’envoyer Sidonie dans ma Corbeille, j’ai repensé à ce que m’avait dit un ami il y a quelques mois à propos d’un autre billet : « Pourquoi as-tu supprimé ton dernier article ? Dès lors que tu publies un article, celui-ci ne t’appartient plus. Il appartient au lecteur. Tu n’as pas le droit de supprimer ainsi un article ! ».

Cette remarque surprenante mais pertinente soulève de nombreuses problématiques liées à la difficulté d’écrire, me semble-t-il : tout d’abord, à partir de quel moment considère-t-on qu’un texte est prêt à être publié ? (je ne m’intéresse pas ici à ceux qui font de la littérature leur « métier » (*), qui travaillent à une œuvre au long court mais de nous autres, blogueurs – quel vilain mot que j’emploie ici sans dédain – qui publient vaille que vaille des articles, billets et autres chroniques sur la Toile pour des raisons… diverses et variées – quant à moi, après huit mois de présence sur WordPress, je ne suis pas même certaine de savoir exactement pourquoi j’ai ouvert ce blog chronophage à souhait… Outre le plaisir de noircir du papier, la joie de la découverte, le partage de…). « Ne raconte pas ta vie. Concentre-toi sur ton sujet ». Lire la suite

Pour Soa. Madeleine et Léonie #3

Madeleine et Léonie

© Andrea Couturet

– Qui est Soa ?
– Quoi ?!
– Tu as besoin d’une prothèse auditive, Madeleine. Intra-auriculaires, contour d’oreilles… Un clic, et hop. JE TE DEMANDE QUI EST SOA ?
– NE CRIE PAS !!!
– Mais je ne crie pas.
– Tu prétends ne pas connaître Soa ???
– Pourquoi devrais-je la connaître ? Les premiers commentaires postés sur ce blog sont signés Soa. Je repose ma question : c’est qui ? Dis-moi que ce n’est pas un robot – même féminin.
– Eh bien, on pourrait dire que cette jeune femme, qui n’est pas un automate, symbolise à elle seule ce qu’il est convenu d’appeler un déclic.
– Un déclic. Tu peux préciser.
– Le mot n’est pas très poétique, j’en conviens, mais je n’en ai pas trouvé d’autre. Vois-tu, sans Soa, ce blog n’aurait jamais vu le jour.
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