Belle

Notre-Dame de Paris, un roman, des chansons, une année,
Ombrageuse, cette année, sous les arbres du parc d’une Maison blanche,
Trop blanche – partout du blanc, dans les herbes folles, dans sa tête,
Regardez-le, il a perdu sa beauté dans celle d’une jeune fille qui l’a quitté un mois plus tôt.
Esmeralda, désormais, danse pour lui dans sa tête.

Dans la salle commune, des corps tanguent, s’agitent ou s’immobilisent
Au rythme de ceux qui courent comme des fous furieux après la rondeur d’un ballon
Magnifié par des maillots imprégnés d’eau, de sang, de sel,
En boucle, cette chanson, en boucle dans sa tête, devant la lucarne rectangulaire.

Dans sa caboche un peu abîmée, cette année-là,
Esmeralda sans fioritures dans la voix du loup-garou,

Pour rendre plus douce la profondeur de sa douleur, pour
Apprivoiser au mieux la blancheur des lieux,
Reconquérir la vie, l’épouser – à nouveau – pour toujours peut-être.
Infiniment, il escorte la jeune et belle gitane dans
Sa chambre, dans ses rêves, dans sa tête en feu.

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Ma participation n° 1 au Jeu 46, Acrostiche proposé par La Licorne du blog Filigrane.
Deux contraintes, ce mois-ci : Un titre imposé (Belle) et un texte en forme d’acrostiche pour rendre hommage à Notre-Dame de Paris.

Illustration. Esmeralda, Estampe, A. Yves, graveur, 1836, Gallica

© Andrea Couturet 2019

L’âme d’Aimé

Pour
L’instant
C’est un peu
Depuis longtemps
La Jungle de Lam
Qui règne qui conduit
Qui affole et pétrifie
Qui les enfants grincheux charmeurs
Qui les jongleurs de mots vadrouilleurs
Qui les besogneux d’ici là d’ailleurs
Tant que rien ne bouge, pas de tapis rouge

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Big Bang. Madeleine et Léonie # 34

Madeleine

 

 

 

– (in petto) « Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir« .

 

 

Léonie

 

 

Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

– (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !

– Tu me fatigues avec tes antiennes !

– (même jeu) « Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime« .

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Le copain d’après

Avertissement

Ce récit, fruit confit d’un travail collectif et joyeux, est une oeuvre de pure fiction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. En fond sonore, le Concerto pour deux mains gauches de Ravittgenstein (1).

Le son du silence

 

Direction musicale, Jo Bougon
Chef d’orchestre invité, Chachashire
Flûte, Marinade d’histoires
Hautbois, Victor Hugotte
Clarinette, Gibulène
Trombone, Max-Louis
Trompette, Palette d’expressions
Violon, Patchcath
Contrebasson, Carnets Paresseux
Piano, votre serviteur


Anatole Bourbonnet. Il est des noms qui vous retournent les sens, l’essence de l’esprit. Des noms qui ont le goût de l’enfance et la gueule des premiers émois. Ainsi Léonie, grâce à Gougueule, avait retrouvé son ancien camarade de jeux, Anatole Bourbonnet, rencontré à l’école primaire. Aujourd’hui, elle a rendez-vous avec lui à la Brasserie Le Pingouroux. Accompagnée de Madeleine (que voulez-vous, ces deux-là sont insécables par nature), un état d’excitation extrême l’anime. Pourtant, le quart-d’heure de politesse est passé depuis longtemps. Anatole viendra-t-il à la rencontre de Lėonie, son amour de prime jeunesse ?  Lire la suite

Pourquoi tant d’insolitude dans le monde ?

Agenda ironique d’Octobre-Novembre 2018
élaboré par Jo Bougon du blog L’Impermanence n’est pas un rêve
et synchronisé par Chachashire du blog Différence Propre et Singularités

Rappel de la règle du jeu coupée en quatre… euh, non… en trois !
et tirée par les cheveux ailés et emmêlés de nos joyeux lurons
Première étape, ici – Deuxième étape,  – Troisième étape, au secours !

Ma participation placeborieuse (deuxième étape)


Labyrinthe

1. Abominaffreux
– Quel mufle, quel nabot, ce type.
– Tu veux rire. C’est un abominaffreux personnage.

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Textes et vote. Agenda ironique, 09-2018 (5/6)

Léonie

Léonie

Stylos sur la table et mains en l’air ! On ramasse les copies, les aminches ! L’heure du vote a sonné ! Voici donc, par ordre d’arrivée, la liste des textes proposés pour l’Agenda ironique de septembre 2018 (pas de changement par rapport à hier), organisé par un duo improbable, Dominique Hasselmann et l’aut’e zigue.

– Texte de Dominique Hasselmann du blog Métronomiques 

« Il aurait pu s’en arracher les cheveux : cela semblait insurmontable. La photo était jolie, certes, avec ce ballet nautique en noir et blanc, l’époque où l’on prenait des bains de mer tout habillés (ça évitait le froid du contact de la peau nue avec le liquide décapant). « Il faut que je meuble », se disait-il en son for intérieur. Peut-être qu’un verre de pinot noir (chère Alsace !) lui donnerait l’inspiration…

Il s’élança dans les vagues, après une sorte de double-salto que n’aurait pas désavoué Léon Zitrone, du temps où il commentait aussi bien le mariage de la Reine d’Angleterre que les compétitions internationales sur glace. Mais ici, cela donnait plutôt un effet inflammatoire : le courant de la marée, il l’avait dans le cœur, il pensait souvent à Léo Ferré.

Au loin, les deux fillettes et la jeune fille jouaient et criaient comme des brebis égarées. Elles manquaient vraisemblablement d’un berger, parti sans doute à l’aurore vers l’Assemblée nationale où se jouait la place de président, le « perchoir », où la nomination d’une femme pourrait en surprendre plus d’un. Le résultat – si l’on voulait prendre de l’assurance – ferait sans doute s’exclamer « Bernique ! » aux députés réputés « en marche ».

Sur le coup de midi, il se rappela soudain qu’il avait rendez-vous le lendemain à Dijon avec un lobbyiste de la chasse. En regardant sa montre, il songea au  Jacquemart (de Dijon) qui sonnait toujours vaillamment les heures : son interlocuteur était, lui, plutôt partisan du fusil à deux coups et du permis national délivré, sur décret de Monsieur le président de la République, avec 50% de réduction. Le TGV lui permettrait d’arriver pile, sauf déraillement, panne de caténaire ou « incident de voyageur » en cours de route.

Ses vacances à La Baule tiraient donc (silencieusement) à leur fin. Le temps était venu de mettre en pratique une véritable écologie : effectuer un « tri sélectif » (il adorait ce pléonasme officiel des mairies) aussi bien dans les déchets et ordures que dans les relations professionnelles. »

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S+dé. Agenda ironique, 09-2018

Ma participation à l’Agenda ironique de septembre 2018


Ce matin-là, tandis que la cavité buccale de Madeleine criait « Au feu ! » (après l’absorption un peu rapide d’un petit noir un peu trop chaud), Lėonie avait avalé sa Vodka martini cul sec. « N’oublie pas les Jacqueline (1) ! – Ne crains rien, elles sont dans mon sac. Dépêche-toi ! ». Le Jacquemart venait de sonner 7 heures. Il ne leur restait que vingt-quatre minutes avant le départ du train. Les jours précédents avaient été quelque peu éprouvants : elles s’étaient rendues au chevet de leur grande amie Bathilde, doublement atteinte d’une maladie inflammatoire chronique (la Mannequinasse Milo DH) et d’une maladie auto-immune (la Denaturea Coturae). Avant de rejoindre les verts pâturages, Bathilde avait demandé à ses amies de la rejoindre à Dijon pour leur faire part d’un « secret… d’une chose de la plus haute importance ».

Le retour vers Paris s’était passé sans encombre. Léonie avait dormi pendant toute la durée du trajet, non sans émettre quelques ronflements et autres borborygmes tonitruants. Quant à Madeleine, tout en savourant ses Jacqueline rose, elle considérait le paysage qui défilait à vive allure avec gravité et perplexité, en songeant à ce que leur avait confié Bathilde. « Bah, on verra bien sur place. Reste à savoir si Juliette voudra bien nous recevoir » se dit-elle. Une heure et quarante et une minutes plus tard, le train faisait son entrée en Gare de Lyon.
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