Gérard Macé

 » Une bibliothèque est aussi vaste qu’un royaume, avec ses labyrinthes et ses forêts, ses monuments et ses lois, sa salle des trésors où le temps s’accumule. Mais c’est un royaume des morts, où des âmes errantes continuent de nous hanter comme si elles étaient encore à la recherche d’une sépulture ».

Le singe et le miroir, Gérard Macé, Le Temps qu’il fait, 1998

Guillemets. Madeleine et Léonie #20

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Dis-moi, s’introduire ainsi dans une citation, n’est-ce-pas répréhensible, à tout le moins inopportun ?
– Qu’est-ce que tu racontes ?
– Une citation de Marcel Proust ! L’un des plus grands écrivains français, si ce n’est le plus grand !
– C’EST le plus grand. Et alors ?
– Mais enfin, il s’agit de la Madeleine, le passage le plus célèbre de son magnum opus !
– Laisse ton ouvrage, reprends tes aiguilles et poursuis ton ouvrage.
– Il paraît même qu’une pétition circule sur les réseaux sociaux pour qu’il entre au Panthéon !

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Madeleine et Léonie chez Proust. 5

« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine.
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Pierre Desproges

Pierre Desproges

 

 » Ô vertige de la penderie béante sur l’alignement militaire des pelures incertaines aux senteurs naphtalines…

Je hais les cintres.

Le cintre agresse l’homme. Par pure cruauté.

Le cintre est le seul objet qui agresse l’homme par pure cruauté.

Le cintre est un loup pour l’homme.

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Ce matin, avant d’envoyer Sidonie dans ma Corbeille, j’ai repensé à ce que m’avait dit un ami il y a quelques mois à propos d’un autre billet : « Pourquoi as-tu supprimé ton dernier article ? Dès lors que tu publies un article, celui-ci ne t’appartient plus. Il appartient au lecteur. Tu n’as pas le droit de supprimer ainsi un article ! ».

Cette remarque surprenante mais pertinente soulève de nombreuses problématiques liées à la difficulté d’écrire, me semble-t-il : tout d’abord, à partir de quel moment considère-t-on qu’un texte est prêt à être publié ? (je ne m’intéresse pas ici à ceux qui font de la littérature leur « métier » (*), qui travaillent à une œuvre au long court mais de nous autres, blogueurs – quel vilain mot que j’emploie ici sans dédain – qui publient vaille que vaille des articles, billets et autres chroniques sur la Toile pour des raisons… diverses et variées – quant à moi, après huit mois de présence sur WordPress, je ne suis pas même certaine de savoir exactement pourquoi j’ai ouvert ce blog chronophage à souhait… Outre le plaisir de noircir du papier, la joie de la découverte, le partage de…). « Ne raconte pas ta vie. Concentre-toi sur ton sujet ».

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