Minéral

Paésine
© Laboratoire de Minéralogie – MNHN – Paris

La pierre-aux-masures de Florence porte en son cœur
Un mystère spontané chargé de douceur,
Auréole minérale au trait sûr
Et malicieux qui donne à voir un antique vécu,
C’est un accident miraculeux que vous n’avez peut-être point vu.

Feuilles de menthe perlées de rosée,
Roseau aux fissures et plumeaux parfumés,
Ailes fracturées par un ciel de lumière,
Bateaux coulés en mer,
Chasseurs de pierres à images, chasseurs de couleurs,

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Résultats. Agenda ironique, 09-2018 (6/6)

Qui a gagné - Mad et Léo

Mes plus vifs remerciements à Dominique Hasselmann, co-organisateur, à Carnets paresseux (son aide en coulisse m’a été très précieuse), à tous les participants, aux lecteurs, aux passants. Une pensée affectueuse pour Martine, l’Écri’turbulente qui, ironie du sort, à l’instar d’une écrevisse hasardeuse, n’a pu faire autrement que de prendre le large en plein milieu du mois (*) ! Son absence est bien regrettable. 😔

Le thème doublement épineux de septembre a été relevé avec élégance, drôlerie et fantaisie – pour mon plus grand plaisir. Après coup, ma proposition de mots m’a semblé bien baroque et surtout superflue. La photo aurait amplement suffi. Bref… Inutile de vous faire languir davantage ! Voici enfin le résultat des votes pour l’Agenda ironique de septembre 2018.

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Textes et vote. Agenda ironique, 09-2018 (5/6)

Léonie
Léonie

Stylos sur la table et mains en l’air ! On ramasse les copies, les aminches ! L’heure du vote a sonné ! Voici donc, par ordre d’arrivée, la liste des textes proposés pour l’Agenda ironique de septembre 2018 (pas de changement par rapport à hier), organisé par un duo improbable, Dominique Hasselmann et l’aut’e zigue.

– Texte de Dominique Hasselmann du blog Métronomiques 

« Il aurait pu s’en arracher les cheveux : cela semblait insurmontable. La photo était jolie, certes, avec ce ballet nautique en noir et blanc, l’époque où l’on prenait des bains de mer tout habillés (ça évitait le froid du contact de la peau nue avec le liquide décapant). « Il faut que je meuble », se disait-il en son for intérieur. Peut-être qu’un verre de pinot noir (chère Alsace !) lui donnerait l’inspiration…

Il s’élança dans les vagues, après une sorte de double-salto que n’aurait pas désavoué Léon Zitrone, du temps où il commentait aussi bien le mariage de la Reine d’Angleterre que les compétitions internationales sur glace. Mais ici, cela donnait plutôt un effet inflammatoire : le courant de la marée, il l’avait dans le cœur, il pensait souvent à Léo Ferré.

Au loin, les deux fillettes et la jeune fille jouaient et criaient comme des brebis égarées. Elles manquaient vraisemblablement d’un berger, parti sans doute à l’aurore vers l’Assemblée nationale où se jouait la place de président, le « perchoir », où la nomination d’une femme pourrait en surprendre plus d’un. Le résultat – si l’on voulait prendre de l’assurance – ferait sans doute s’exclamer « Bernique ! » aux députés réputés « en marche ».

Sur le coup de midi, il se rappela soudain qu’il avait rendez-vous le lendemain à Dijon avec un lobbyiste de la chasse. En regardant sa montre, il songea au  Jacquemart (de Dijon) qui sonnait toujours vaillamment les heures : son interlocuteur était, lui, plutôt partisan du fusil à deux coups et du permis national délivré, sur décret de Monsieur le président de la République, avec 50% de réduction. Le TGV lui permettrait d’arriver pile, sauf déraillement, panne de caténaire ou « incident de voyageur » en cours de route.

Ses vacances à La Baule tiraient donc (silencieusement) à leur fin. Le temps était venu de mettre en pratique une véritable écologie : effectuer un « tri sélectif » (il adorait ce pléonasme officiel des mairies) aussi bien dans les déchets et ordures que dans les relations professionnelles. »

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H-6. Agenda ironique, 09-2018 (4/6)

6-8-23 - plage de Deauville [enfants]Agence Rol - Bnf

Dernier délai pour déposer vos textes ce soir minuit !
(dans les commentaires de ce billet)
Ci-après les textes reçus à ce jour
La liste définitive sera publiée demain, lundi 24 septembre.
– Page mise à jour à 18 heures –


– Texte de Dominique Hasselmann du blog Métronomiques 

« Il aurait pu s’en arracher les cheveux : cela semblait insurmontable. La photo était jolie, certes, avec ce ballet nautique en noir et blanc, l’époque où l’on prenait des bains de mer tout habillés (ça évitait le froid du contact de la peau nue avec le liquide décapant). « Il faut que je meuble », se disait-il en son for intérieur. Peut-être qu’un verre de pinot noir (chère Alsace !) lui donnerait l’inspiration…

Il s’élança dans les vagues, après une sorte de double-salto que n’aurait pas désavoué Léon Zitrone, du temps où il commentait aussi bien le mariage de la Reine d’Angleterre que les compétitions internationales sur glace. Mais ici, cela donnait plutôt un effet inflammatoire : le courant de la marée, il l’avait dans le cœur, il pensait souvent à Léo Ferré.

Au loin, les deux fillettes et la jeune fille jouaient et criaient comme des brebis égarées. Elles manquaient vraisemblablement d’un berger, parti sans doute à l’aurore vers l’Assemblée nationale où se jouait la place de président, le « perchoir », où la nomination d’une femme pourrait en surprendre plus d’un. Le résultat – si l’on voulait prendre de l’assurance – ferait sans doute s’exclamer « Bernique ! » aux députés réputés « en marche ».

Sur le coup de midi, il se rappela soudain qu’il avait rendez-vous le lendemain à Dijon avec un lobbyiste de la chasse. En regardant sa montre, il songea au  Jacquemart (de Dijon) qui sonnait toujours vaillamment les heures : son interlocuteur était, lui, plutôt partisan du fusil à deux coups et du permis national délivré, sur décret de Monsieur le président de la République, avec 50% de réduction. Le TGV lui permettrait d’arriver pile, sauf déraillement, panne de caténaire ou « incident de voyageur » en cours de route.

Ses vacances à La Baule tiraient donc (silencieusement) à leur fin. Le temps était venu de mettre en pratique une véritable écologie : effectuer un « tri sélectif » (il adorait ce pléonasme officiel des mairies) aussi bien dans les déchets et ordures que dans les relations professionnelles. »

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J – 7. Agenda ironique, 09-2018 (3/6)

Madeleine
Madeleine

La fin du mois de septembre approche à grands pas, les amis !

Pour l’heure, on ne peut parler ni de tremblement de terre dans le métro ni de raz-de-marée à Deauville puisque six textes sont en lice (dont ceux des organisateurs, c’est vous dire !). Il semble que le double thème (ici) vous ait quelque peu troublé.

Toutefois, ceux qui seraient touchés par la grâce (sait-on jamais ?) disposent d’une semaine pour élaborer un texte et le déposer dans les commentaires de ce billet. Dimanche 23 septembre, à minuit, il sera trop tard !

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Pasticher Proust, ça vous tente ?

 

Information

« Concours de Pastiches proustiens 2019

Présentation

A l’occasion du centenaire de la publication de Pastiches et Mélanges paru en juin 1919, la Société des Amis de Marcel Proust organise un concours de pastiches proustiens.

Pour mémoire, Marcel Proust se prit souvent au jeu pastiche littéraire, et notamment en 1908-1909, dans une série d’articles évoquant un même fait-divers, L’Affaire Lemoine. Ces pastiches furent réunis, en 1919, avec d’autres articles, dans un volume intitulé Pastiches et MélangesLe Temps retrouvé, dernier volume de A la recherche du temps perdu, contient également un célèbre pastiche du Journal des frères Goncourt. Le style de Proust a lui-même été souvent pastiché, par exemple par André Maurois (Le côté de Chelsea) ou Jean-Louis Curtis (La Chine m’inquiète ; La France m’épuise).

Proust

Voici ce que Proust écrit dans Contre Sainte-Beuve pour expliquer son goût du pastiche : « Dès que je lisais un auteur, je distinguais bien vite sous les paroles l’air de la chanson qui en chaque auteur est différent de ce qu’il est chez tous les autres et, tout en lisant, sans m’en rendre compte, je le chantonnais, je pressais les mots ou les ralentissais ou les interrompais tout à fait, comme on fait quand on chante où on attend souvent longtemps, selon la mesure de l’air, avant de dire la fin d’un mot. Je savais bien que si, n’ayant jamais pu travailler, je ne savais pas écrire, j’avais cette oreille plus fine et plus juste que bien d’autres, ce qui m’a permis de faire des pastiches, car chez les écrivains, quand on tient l’air, les paroles viennent bien vite ». »

Pour de plus amples informations, consulter le site de la Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray, ici.

OuLiPo. Poème fondu. 5

Contrainte oulipienne

« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur  oulipo.net).

Autour de l’aube bleue
Et des sourires solaires
Fleurissent les mots

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S+dé. Agenda ironique, 09-2018

Ma participation à l’Agenda ironique de septembre 2018


Ce matin-là, tandis que la cavité buccale de Madeleine criait « Au feu ! » (après l’absorption un peu rapide d’un petit noir un peu trop chaud), Lėonie avait avalé sa Vodka martini cul sec. « N’oublie pas les Jacqueline (1) ! – Ne crains rien, elles sont dans mon sac. Dépêche-toi ! ». Le Jacquemart venait de sonner 7 heures. Il ne leur restait que vingt-quatre minutes avant le départ du train. Les jours précédents avaient été quelque peu éprouvants : elles s’étaient rendues au chevet de leur grande amie Bathilde, doublement atteinte d’une maladie inflammatoire chronique (la Mannequinasse Milo DH) et d’une maladie auto-immune (la Denaturea Coturae). Avant de rejoindre les verts pâturages, Bathilde avait demandé à ses amies de la rejoindre à Dijon pour leur faire part d’un « secret… d’une chose de la plus haute importance ».

Le retour vers Paris s’était passé sans encombre. Léonie avait dormi pendant toute la durée du trajet, non sans émettre quelques ronflements et autres borborygmes tonitruants. Quant à Madeleine, tout en savourant ses Jacqueline rose, elle considérait le paysage qui défilait à vive allure avec gravité et perplexité, en songeant à ce que leur avait confié Bathilde. « Bah, on verra bien sur place. Reste à savoir si Juliette voudra bien nous recevoir » se dit-elle. Une heure et quarante et une minutes plus tard, le train faisait son entrée en Gare de Lyon.

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Double thème. Agenda ironique, 09-2018 (2/6)

Prologue

1 – Proposition de Dominique Hasselmann

Promenade sous terre

Mots imposés :

– métropolitain ;
– pingouins ;
– brasserie “La Rotonde” ;
– salsifis ;
– “Ici l’Aube !” ;
– infinitésimal ;
– Jacques Lacan ;
– ballast.

2 – Proposition d’Andrea Couturet

Une image (ci-dessous), accompagnée des mots imposés suivants :

– meuble ;
– pinot ;
– brebis ;
– salto ;
– “Bernique !” ;
– inflammatoire ;
– Jacquemart (de Dijon) ;
– ballet.

6-8-23 - plage de Deauville [enfants]Agence Rol - Bnf

Plage de Deauville, Enfants et jeune fille jouant dans l’eau, Photographie de presse, Agence Rol, 1923
gallica.bnf.fr


LÉONIE. – C’est quoi, ce truc ? C’est pas du tout ce qu’elle avait prévu au départ !
MADELEINE. – Et alors ? On s’adapte, on réfléchit, on…
LÉONIE. – J’en connais une qui va avancer à reculons ! Remarque, c’est une écrevisse. [elle éclate de rire] Tiens, y a de l’écho…
MADELEINE. – Il est vrai qu’initialement, Andrea avait prévu de publier uniquement la photographie.
LÉONIE. – [elle se gratte le bout du nez] Ah. Une photo, pas de mot. Ça tombe bien, on est dimanche.
MADELEINE. – La ferme ! Mais comme elle a découvert sur le site d’une certaine Martine her self que « La contrainte est une façon de limiter sa liberté, son champ d’action pour mieux l’agrandir et le découvrir. C’est le pouce qui serre le tuyau d’arrosage pour en tirer un jet d’eau »… Elle s’est dit que son premier jet n’était pas le bon…
LÉONIE. – La pince, l’Écrevisse, la pince !!!

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Préliminaires. Agenda ironique, 09-2018 (1/6)

 

Madeleine et Léonie

– Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, votre attention, s’il-vous-plaît !
– C’est ça, vas-y. Fais ton discours au miel de guimauve. Oyez, oyez, braves gens (oyez ou oyé, je sais jamais comment ça s’écrit).
– J’ai la joie de vous annoncer qu’à la suite d’André – lequel a maîtrisé sa mission aoûtienne d’une main de maître, on peut l’applaudir, absolument ! – Dominique et Andrea ont été désignés ex æquo pour organiser l’Agenda du mois de septembre.
– [à part] Quel foin. Elle a pas participé pourtant, l’aut’e zigue. Ou alors, j’comprends rien à leur jeu fantasmago-ironique. C’est encore un mauvais coup du Paresseux, ça.
– [à Léonie] Tais-toi donc ! Tu vas encore perturber André. [elle reprend] Dominique ayant accepté de relever le défi (merci à lui), l’Agenda sera donc doublement chapeauté ce mois-ci.
– Vas-y, remets-en une louche bien grasse.
Andrea reviendra vers vous, au plus tard lundi matin, pour vous faire part du thème qu’elle aura choisi.
– Ouais, elle est un peu échevelée du ciboulot, vous comprenez.
– Oh, j’apprends à l’instant que Dominique a déjà formulé son thème ! Ici.
– En voilà un qui tire plus vite que son ombrelle.
– Je vous remercie de votre attention. A bientôt.

© andrea couturet, épaisseur sans consistance
Septembre 2018