Bon sang. Léonie sans Madeleine ~ 21

Bonhomme de neige

Salut les Gens,

Juste un mot pour vous signaler que cet article est le centième publié sur ce blog.

Pas de quoi fouetter des flocons de neige, me direz-vous. Quoique. Pour l’occasion, en ce jour enneigé, j’ai demandé au premier quidam venu, d’immortaliser cet événement si notable [second degré]. J’en conviens, ce gros bouffon ne ressemble à rien d’autre qu’une image factice, gratuite. Vêtu d’un cache-misère blanc académique (auquel il manque un bouton), coiffé d’un chiffon rayé rouge et blanc (sans galon, quelle faute de goût), d’un boa figé dans des pois prétentieux, il manque d’allure – assurément – puisqu’il est dénué d’un long cou.  Lire la suite

Au commencement

Zut. Fin 2017, il était au Théâtre du Rond-Point, à Paris. Je connais ce théâtre. Quelle pièce ai-je donc vue dans ce théâtre. Non. Ce n’est pas possible. Mais où donc avais-je la tête à la fin de l’année dernière. Fais quelque chose, bon sang. Pourquoi cette information m’a-t-elle échappé. POURQUOI. Peut-être devrais-je créer des alertes. « Jouissif et imperceptiblement drôle » d’après Libération. « Objet scénique non identifié » selon Le Monde. Lire la suite

Joie enfantine

Pendant qu’Aldor s’interroge avec grâce sur L’attention et l’insouciance, en évoquant notamment la beauté des grains de sable sur une plage, je m’émerveille quant à moi, en ce début de soirée pluvieux, devant la beauté intrinsèque et fragile de quelques feuilles de chou pommé.  Lire la suite

De marbre

Bernard Buffet - Le lapin-agile-et-sacre coeur

© Bernard Buffet, Le Lapin Agile et Le Sacré-Coeur, 1989

De marbre vêtues, de pudeur gravées, de frivoles affinités lient mes entrailles à ce château embrumé. Une folie blanche et fleurie que je fais mienne à tout jamais.

Glacial chemin de croix embaumé de Bohême.

Une inouïe violence me poursuit par-delà les moulins de la Belle Epoque jusqu’au Cabaret du Néant. Tout près, le Chat Noir et ses pièces d’ombre se perdent dans des limbes où se tourmentent mélodie et parodie.  Lire la suite

Marcel Proust ~ 6

[Le Narrateur évoque le rapport très particulier que sa grand-mère entretient avec l’Art]

« En réalité, elle ne se résignait jamais à rien acheter dont on ne pût tirer un profit intellectuel, et surtout celui que nous procurent les belles choses en nous apprenant à chercher notre plaisir ailleurs que dans les satisfactions du bien-être et de la vanité. Même quand elle avait à faire à quelqu’un un cadeau dit utile, quand elle avait à donner un fauteuil, des couverts, une canne, elle les cherchait «anciens», comme si leur longue désuétude ayant effacé leur caractère d’utilité, ils paraissaient plutôt disposés pour nous raconter la vie des hommes d’autrefois que pour servir aux besoins de la nôtre. Elle eût aimé que j’eusse dans ma chambre des photographies des monuments ou des paysages les plus beaux. Lire la suite