Poésie sonore – 2

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Il n’est pas aisé de trouver dans l’oeuvre d’Hervé Gasser un texte qui respire la légèreté, la gaieté. Pourtant, en remuant un peu la terre – fertile, la terre – j’ai découvert Un artiste et Quatre saisons. Mais, ce sont des chansons.

Aussi m’a-t-il proposé deux autres textes, Un court poème sur la lumière et Porcelaine, « qui sont deux poèmes de lumière et d’espoir. Le premier évoque sa fragilité mais aussi sa profondeur par les nuances de blanc ; le second une libération intérieure, lointainement inspirée d’une nouvelle de Borges, L’Écriture du dieu, où un sage trouve dans les taches d’un léopard un alphabet divin » m’a-t-il précisé avec générosité.

Ces poèmes sonores rejoindront donc le bouquet sonore de Lucie destiné aux résidents des EHPAD et, après Joséphine, je remercie vivement Hervé d’avoir bien voulu participer à ce projet.

 

 

Illustration Papier à motif répétitif. Papier peint. 1799
gallica.bnf.fr

Le Ragondynque

Cliquer sur la photo pour découvrir la vidéo

LEONIE - TITRE

Nouvelle tentative audio-visuelle autour d’un poème de Jacques Roubaud, L’Ornithorynque (pour satisfaire aux exigences d’un Cyrano à quatre pattes), dans le cadre d’une proposition de mon professeur d’art dramatique au Conservatoire.

La consigne ? Mettre en images (fixes ou animées) un poème de Jacques Roubaud sur les animaux.

Poésie sonore – 1

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Joséphine Lanesem a publié un très beau recueil de nouvelles intitulé Trésors et trouvailles. Elle en parle ici, et en fait la lecture de quelques extraits ici.

Afin d’égayer la vie quotidienne de nos aînés dans les EHPAD, un de mes professeurs au conservatoire a pris une initiative lumineuse qui consiste à cueillir et recueillir des poèmes lus par ses élèves et d’en faire un bouquet sonore. Je suis ravie d’avoir pu participer à ce projet – qui se poursuit – à travers, notamment, quelques textes de Joséphine.

 

 

Image gallica.bnf.fr

Léogramme

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Un petit bonus (ou un gros malus) à l’Agenda ironique de mai 2019 organisé conjointement par La Plume Fragile et Palette d’expressions. Quatre mots imposés : énergumène, schizophrène, maringouin, lambrusque et pourquoi pas, une tentative, une fantaisie calligrammesque.

Pour ceux qui préféraient la première version (comme Patchcath), on peut la retrouver ci-après.

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OuLiPo. Poème fondu. 7

autrefois on riait
du reflet de la lune
au-dessus du miroir

parfois au seuil de la conscience
la présence à peine ouverte
du pouvoir des paysans 

« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).


D’après La Peine, Maurice Carême, Petites légendes, 1949
(auteur à redécouvrir cette semaine chez Écri’turbulente)

Les paysans du Morvan - Gallica

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine 
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

Illustration. Les paysans du Morvan, Louis Charlot, 1945-1985, Bnf-Gallica

OuLiPo. Poème fondu. 6

sous la lune l’été
comme une chanson
toujours une flamme ronde

ivre de rire
la voix raconte
l’éclat d’un regard

« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).


D’après Rhénanes de Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
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Nuit rhénane

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme

Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

Illustration. Eaux-fortes pour Alcools, Louis Marcoussis, graveur, 1934, Bnf-Gallica