Black Dolls 1. Madeleine et Léonie # 25

Pour Joséphine Lanesem

ACTE 1
Personnages. Léonie, Madeleine, L’agent de surveillance, La Dame à la robe brodée de perles
et tous les autres personnages captivants et saisissants de la collection de Deborah Neff.
La scène se passe à La Maison Rouge, boulevard de la Bastille, à Paris.

LÉONIE. – Les musées m’ennuient grave.

MADELEINE. – Allons, allons, cesse de faire l’enfant. La Maison Rouge est un lieu exquis, une fondation pour l’art contemporain qui, je l’espère vivement, ne fermera pas ses portes à la fin de l’année, comme on l’annonce partout. Et l’exposition Black Dolls est paraît-il exceptionnelle par la rareté des objets présentés.

LÉONIE. – Fondation, expo, art contemporain, c’est un musée, quoi. Et les musées, ça m’ennuie grave.

MADELEINE. – Vas-y, dis-le encore une fois.

LÉONIE. – Pourquoi s’acharne-t-elle à nous enlaidir de la sorte, l’Autre (« pauvre petit être qui enfle du bulbe », ah ah). C’est quoi, ces guenilles ?! Sans blague, tu as vu ta tête ?! Cette coiffe à ruban est à mourir de rire – ou d’ennui. Lire la suite

« Le sel céleste »

Espace - Mad et Léo

« Quand, au télescope, j’observe la lune, découvrant ce qu’aucune reproduction ne saurait rendre : la coprésence aussi indubitable que distante de mon corps et de l’astre, la continuité murmurée de ma chair à sa lumière. Voilà que le savoir, jusque-là modelé dans la même matière que le mythe, c’est-à-dire dans les mots et les images, se vérifie ; et je franchis la frontière entre la fiction et le réel d’un pas qui me fait le même effet que le premier pas sur la lune, entre un surplus de légèreté et une invraisemblable pesanteur où je perds l’équilibre. »

Joséphine Lanesem, Histoires d’EspaceNervures et Entailles

Bon sang. Léonie sans Madeleine #21

Bonhomme de neige

Salut les Gens,

Juste un mot pour vous signaler que cet article est le centième publié sur ce blog.

Pas de quoi fouetter des flocons de neige, me direz-vous. Quoique. Pour l’occasion, en ce jour enneigé, j’ai demandé au premier quidam venu, d’immortaliser cet événement si notable [second degré]. J’en conviens, ce gros bouffon ne ressemble à rien d’autre qu’une image factice, gratuite. Vêtu d’un cache-misère blanc académique (auquel il manque un bouton), coiffé d’un chiffon rayé rouge et blanc (sans galon, quelle faute de goût), d’un boa figé dans des pois prétentieux, il manque d’allure – assurément – puisqu’il est dénué d’un long cou.  Lire la suite

Madeleine et Léonie chez Proust

« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine.
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Agenda ironique. Mado et Léo à Coupiac #14

Préambule
Carnets Paresseux organise ce mois-ci l’Agenda Ironique dont voici la consigne : « Septembre fini, Frog me confie l’agenda ironique, le jeu itinérant et débonnaire (pour en savoir plus, lire ici) ; paresseux, je vous montre juste une image. Celle-là même qui est ci-d’ssus [ci-d’ssous], et qui représente l’authentique Café Verlaine, à Coupiac (Aveyron). »


Carton

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