
Citation extraite d’un article intitulé Les taciturnes de Joséphine Lanesem,
Nervures et Entailles

Citation extraite d’un article intitulé Les taciturnes de Joséphine Lanesem,
Nervures et Entailles


© épaisseur sans consistance
dans le ciel
la perle de rosée
atteint sa promesse
transparente
la pensée
quitte la page
sans voix
demeure
l’horizon
« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).
Lire la suite OuLiPo. Poème fondu. 8
Un petit bonus (ou un gros malus) à l’Agenda ironique de mai 2019 organisé conjointement par La Plume Fragile et Palette d’expressions. Quatre mots imposés : énergumène, schizophrène, maringouin, lambrusque et pourquoi pas, une tentative, une fantaisie calligrammesque.
Pour ceux qui préféraient la première version (comme Patchcath), on peut la retrouver ci-après.
Lire la suite Léogrammeautrefois on riait
du reflet de la lune
au-dessus du miroir
parfois au seuil de la conscience
la présence à peine ouverte
du pouvoir des paysans
« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).
D’après La Peine, Maurice Carême, Petites légendes, 1949
(auteur à redécouvrir cette semaine chez Écri’turbulente)

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.
Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.
Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,
Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.
Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.
Illustration. Les paysans du Morvan, Louis Charlot, 1945-1985, Bnf-Gallica
© épaisseur sans consistance
sous la lune l’été
comme une chanson
toujours une flamme ronde
ivre de rire
la voix raconte
l’éclat d’un regard
« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).
D’après Rhénanes de Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
Nuit rhénane
Mon verre est plein d’un vin trembleur commeune flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été
Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire
L’homme du Monde
Son journal sérigraphié
Dans un coffret
(poème fondu d’après un texte d’Hervé Gasser où il présente l’origine de son travail de collage)


Le texte qui suit est extrait de De vives voix de Gaëlle Josse, Le temps qu’il fait, 2016
Lire la suite Haut perché
PIÈCE EN UN ACTE
Madeleine, Léonie, Solair, Dodo
LÉONIE. – On se les gèle.
MADELEINE. – On se les pèle.
LÉONIE. – Je ne comprends pas. On est bien au printemps, non ?
MADELEINE. – (elle fredonne)
Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent
Où les fleurs volent au vent si jolie mignonne…
Notre-Dame de Paris, un roman, des chansons, une année,
Ombrageuse, cette année, sous les arbres du parc d’une Maison blanche,
Trop blanche – partout du blanc, dans les herbes folles, dans sa tête,
Regardez-le, il a perdu sa beauté dans celle d’une jeune fille qui l’a quitté un mois plus tôt.
Esmeralda, désormais, danse pour lui dans sa tête.
Dans la salle commune, des corps tanguent, s’agitent ou s’immobilisent
Au rythme de ceux qui courent comme des fous furieux après la rondeur d’un ballon
Magnifié par des maillots imprégnés d’eau, de sang, de sel,
En boucle, cette chanson, en boucle dans sa tête, devant la lucarne rectangulaire.
Dans sa caboche un peu abîmée, cette année-là,
Esmeralda sans fioritures dans la voix du loup-garou,
Pour rendre plus douce la profondeur de sa douleur, pour
Apprivoiser au mieux la blancheur des lieux,
Reconquérir la vie, l’épouser – à nouveau – pour toujours peut-être.
Infiniment, il escorte la jeune et belle gitane dans
Sa chambre, dans ses rêves, dans sa tête en feu.
![[Esmeralda]___[estampe]_Yves_A_btv1b8437497r](https://epaisseursansconsistance.com/wp-content/uploads/2019/05/esmeralda___estampe_yves_a_btv1b8437497r.jpeg)
Ma participation n° 1 au Jeu 46, Acrostiche proposé par La Licorne du blog Filigrane.
Deux contraintes, ce mois-ci : Un titre imposé (Belle) et un texte en forme d’acrostiche pour rendre hommage à Notre-Dame de Paris.
Illustration. Esmeralda, Estampe, A. Yves, graveur, 1836, Gallica