Ce matin, péniblement, je monte la petite côte qui mène à la gare. Bientôt, ma progression est empêchée par la présence d’une jeune fille, figée sur le trottoir – très étroit le trottoir. « Pardon ». Rien ne se passe. Je hausse légèrement la voix (il paraît que je parle doucement – ce que je confirme). « Mademoiselle, excusez-moi« . Aucune réaction.
Lire la suite I-grecAuteur : Andrea
Bloc-notes




© épaisseur sans consistance
Silent Sunday # 19

Silent Sunday, une photo, pas de mot !
Sur une idée de Mary Leviandier, Londres pour les enfants
Samuel Beckett
Fritz Zorn
« Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul. Je descends d’une des meilleures familles de la rive droite du lac de Zurich, qu’on appelle aussi la Rive dorée. J’ai eu une éducation bourgeoise et j’ai été sage toute ma vie. Ma famille est passablement dégénérée, c’est pourquoi j’ai sans doute une lourde hérédité et je suis abîmé par mon milieu.

Naturellement j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi si l’on en juge d’après ce que je viens de dire. Cela dit, la question du cancer se présente d’une double manière : d’une part c’est une maladie du corps, dont il est bien probable que je mourrai prochainement, mais peut-être aussi puis-je la vaincre et survivre ; d’autre part, c’est une maladie de l’âme, dont je ne puis dire qu’une chose : c’est une chance qu’elle se soit enfin déclarée. Je veux dire par là qu’avec ce que j’ai reçu de ma famille au cours de ma peu réjouissante existence, la chose la plus intelligente que j’aie jamais faite, c’est d’attraper le cancer« .
Fritz Zorn, Mars, Kindler Verlag GmbH, 1977 – Gallimard, 1979 pour la traduction française, Préface d’Adolf Muschg, Traduit de l’allemand par Gilberte Lambrichs
Tout à coup. # 2
Le Renard et les Raisins. 1

Détail d’une fresque murale (Sèvres, Hauts-de-Seine)
René Peter
Une saison avec Marcel Proust, René Peter, Gallimard, 2005

© épaisseur sans consistance
Lire la suite René PeterSilent Sunday # 18

Silent Sunday, une photo, pas de mots !
Sur une idée de Marie Leviandier, Londres pour les enfants
Black Dolls 3. Madeleine et Léonie # 27
Acte 1 à lire ici
Acte 2 à lire là
ACTE 3 (suite et fin)
Personnages. Le merle, Madeleine, Léonie et une poupée très particulière
provenant de la collection de Deborah Neff.
(Le lendemain de la visite. En cette fin d’après-midi ensoleillée, le jardin public est bercé par le souffle flexible du vent, le chant mélodieux d’un merle et le cliquetis des aiguilles à tricoter.)
LE MERLE. – ♫ Prochain départ pour le Winibus ! ♪
MADELEINE. – On n’est pas bien, là ? Les pomponnettes, la verdure, le soleil ! Et la tarte au citron de Carnets Paresseux, façon Pierre Hermé ! Tu n’as pas oublié son invitation ?
LÉONIE. – (elle reste concentrée sur son ouvrage, sans mot dire)
Lire la suite Black Dolls 3. Madeleine et Léonie # 27Black Dolls 2. Madeleine et Léonie # 26
Acte 1 à lire ici
ACTE 2
Personnages. Léonie, Madeleine, L’agent de surveillance,
L’Homme à la chemise de papier,
Le jeune homme à la cravate rouge, Un garçon à la bouche cousue,
La fillette en combinaison orange, Dorothée et les très nombreux personnages
de la collection de Deborah Neff.
La scène se passe à La Maison Rouge, boulevard de la Bastille, à Paris.
(Madeleine et Léonie sont à la recherche de leur vieille amie Dorothée. Elles arpentent séparément les salles de La Maison Rouge).
LÉONIE. – (elle singe Madeleine). « Et-cesse-de-broyer-du-noir-c’est-fatigant ». Quelle plaie cette bouffonne. Bon, on va demander à ce monsieur. (à part) Sacrebleu, c’est le portrait craché de Prof (« Heigh-ho, heigh-ho, On rentre du boulot »). Pardonnez-moi cher Monsieur. Je suis à la recherche de Dorothée. Peut-être la connaissez-vous ? (un temps). Allô ? (elle s’approche et bredouille en anglais) Douyouno Dorothy ? Elle porte une robe de soie blanche, un turban orné d’un bijou quelque peu grotesque mais d’une élégance folle et…
Lire la suite Black Dolls 2. Madeleine et Léonie # 26