Halo. Madeleine et Léonie #39

Pour l’Agenda Ironique de janvier 2026

Madeleine. – (perdue dans une profonde pensée philosophique) Dis-moi, si tu avais l’opportunité d’interroger Dieu, tu lui dirais quoi ?
Léonie. – (perdue dans une didascalie sans intérêt métaphosphorique) Waouh. Elle a rien trouvé d’autre, comme thème, la déesse Qi-Bougonne ? Parce que ça ressemble presque à une blague, cette histoire qui n’a pas encore commencé…
Madeleine. – Justement, ne perdons pas de temps. Mettons-nous d’accord sur les questions à poser. Le sujet est brûlant donc pas de place pour l’improvisation.
Léonie. – (avec une emphase accablée d’ennui) Pourquoi l’impermanence n’est pas un rêve ?
Madeleine. – Quoi ?!
Léonie. – Bah, c’est une question existentielle à la con que tout le monde se pose, nan ? Et il serait intéressant d’obtenir une réponse clarinette.
Madeleine. – Très bien. J’ai compris. J’y vais seule.
Léonie. – Où ça ?
Madeleine. – JEVAISVOIRDIEU !
Léonie. – T’as son adresse ? Son portrait-robot ? Ne me dis pas que t’as son 06 ?!!!
Madeleine. – D’yeux, il n’en a point mais il est partout. Il suffit d’ouvrir l’œil et le bon.
Léonie. – T’as perdu ton humour ou quoi ? D’ailleurs, pourquoi « il » ? Tu risques de t’attirer les foudres des féministes et consorts. Dieu est grande, c’est pas mal, nan ? (un temps) Allez, allons à la rencontre de ielle ou iel ! Ciel, je n’sais plus comment ça s’écrit ! Mais qui s’en fout ? Moi.

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Grain de beauté

Tu l’accueilles toujours les mains dans les poches
la tête basse
la vue brumeuse
les yeux rivés sur ton carnet de suivi
Tu l’appelles « le gamin »
Un vrai moulin à paroles
Par politesse tu acquiesces à tout ce qu’il dit
car c’est parole d’Évangile
Mais tu auras oublié son sermon
dès qu’il aura tourné le dos
(après la piqûre)

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OuLiPo. Poème fondu. 8

dans le ciel
la perle de rosée
atteint sa promesse

transparente
la pensée
quitte la page

sans voix
demeure
l’horizon

« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).

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Léogramme

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Un petit bonus (ou un gros malus) à l’Agenda ironique de mai 2019 organisé conjointement par La Plume Fragile et Palette d’expressions. Quatre mots imposés : énergumène, schizophrène, maringouin, lambrusque et pourquoi pas, une tentative, une fantaisie calligrammesque.

Pour ceux qui préféraient la première version (comme Patchcath), on peut la retrouver ci-après.

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OuLiPo. Poème fondu. 7

autrefois on riait
du reflet de la lune
au-dessus du miroir

parfois au seuil de la conscience
la présence à peine ouverte
du pouvoir des paysans 

« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. » (suite de la définition sur oulipo.net).


D’après La Peine, Maurice Carême, Petites légendes, 1949
(auteur à redécouvrir cette semaine chez Écri’turbulente)

Les paysans du Morvan - Gallica

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine 
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

Illustration. Les paysans du Morvan, Louis Charlot, 1945-1985, Bnf-Gallica

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