OuLiPo. Poème fondu. 2

Contrainte oulipienne

« Le poème fondu consiste à tirer, d’un poème donné, un autre poème plus court, par exemple d’un sonnet, un haïku. On ne doit pas employer dans le haïku d’autres mots que ceux qui sont dans le sonnet, et on ne doit pas les employer plus souvent qu’ils ne le sont dans le sonnet. (…) La ponctuation et l’ordre des mots du texte-souche sont totalement négligés. En revanche, les mots doivent être respectés à l’accent près : on s’interdira d’employer ou pour où, etc. »
oulipo.net

Parfois dans la nuit
de doux enfants chantent
l’unité de la Nature

D’après Correspondances de Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)

« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »
© andrea couturet
Août 2018

12 réactions sur “OuLiPo. Poème fondu. 2

  1. Wow ! En voilà, un exercice passionnant !
    J’imagine bien un fervent oulipien composer à volonté cent mille milliards de haïkus d’après « Le cimetière marin » de Paul Valéry.

    Merci pour ce qui sera pour moi la découverte littéraire du jour.

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