Albert Cohen

Ô vous, frères humains, Albert Cohen, Gallimard, 1972

Quatrième de couverture

« Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant« . A.C.

« Page blanche, ma consolation, mon amie intime lorsque je rentre du méchant dehors qui me saigne chaque jour sans qu’ils s’en doutent, je veux ce soir te raconter et me raconter dans le silence une histoire hélas vraie de mon enfance. Toi, fidèle plume d’or que je veux qu’on enterre avec moi, dresse ici un fugace mémorial peu drôle. Oui, un souvenir d’enfance que je veux raconter à cet homme qui me regarde dans cette glace que je regarde ». (page 7)

« Que cette épouvantable aventure des humains qui arrivent, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, que cette catastrophe qui les attend ne les rende pas tendres et pitoyables les uns pour les autres, cela est incroyable ». (page 26)

« Si au moins vous pouviez décider de ne détester les juifs qu’à partir de seize ans, disons, ça leur laisserait au moins un peu de bon temps » (page 90)

« Ô vous, frères humains, vous qui pour si peu de temps remuez, immobiles bientôt et à jamais compassés et muets en vos raides décès, ayez pitié de vos frères en la mort, et sans plus prétendre les aimer du dérisoire amour du prochain, amour sans sérieux, amour de paroles, amour dont nous avons longuement goûté au cours des siècles et nous savons ce qu’il vaut, bornez-vous, sérieux enfin, à ne plus haïr vos frères en la mort. Ainsi dit un homme du haut de sa mort prochaine. » (page 213)

Extraits issus de la collection Folio.

Ô vous, frères humains, Luz

Luz dessine Albert Cohen (2016)

https://www.mahj.org/fr/programme/o-vous-freres-humains-luz-dessine-albert-cohen-47097