Belle

Notre-Dame de Paris, un roman, des chansons, une année,
Ombrageuse, cette année, sous les arbres du parc d’une Maison blanche,
Trop blanche – partout du blanc, dans les herbes folles, dans sa tête,
Regardez-le, il a perdu sa beauté dans celle d’une jeune fille qui l’a quitté un mois plus tôt.
Esmeralda, désormais, danse pour lui dans sa tête.

Dans la salle commune, des corps tanguent, s’agitent ou s’immobilisent
Au rythme de ceux qui courent comme des fous furieux après la rondeur d’un ballon
Magnifié par des maillots imprégnés d’eau, de sang, de sel,
En boucle, cette chanson, en boucle dans sa tête, devant la lucarne rectangulaire.

Dans sa caboche un peu abîmée, cette année-là,
Esmeralda sans fioritures dans la voix du loup-garou,

Pour rendre plus douce la profondeur de sa douleur, pour
Apprivoiser au mieux la blancheur des lieux,
Reconquérir la vie, l’épouser – à nouveau – pour toujours peut-être.
Infiniment, il escorte la jeune et belle gitane dans
Sa chambre, dans ses rêves, dans sa tête en feu.

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Ma participation n° 1 au Jeu 46, Acrostiche proposé par La Licorne du blog Filigrane.
Deux contraintes, ce mois-ci : Un titre imposé (Belle) et un texte en forme d’acrostiche pour rendre hommage à Notre-Dame de Paris.

Illustration. Esmeralda, Estampe, A. Yves, graveur, 1836, Gallica

Saul, page 27

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Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard. Lire la suite

Big Bang. Madeleine et Léonie # 34

Madeleine

 

 

 

– (in petto) « Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir« .

 

 

Léonie

 

 

Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

– (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !

– Tu me fatigues avec tes antiennes !

– (même jeu) « Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime« .

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Émouvance

Kreatur

Dans l’obscurité du plateau, on distingue d’abord un scintillement frémissant de forme oblongue dont la matière sibylline devient peu à peu manifeste, éclatante. Intrigante apparition que ce photophore ambulant (bientôt suivi par d’autres), affublé d’une chevelure de neige aux filaments à la fois solides et délicats, sorte de guirlande de laine aux sanglots étouffés, au maillage cristallisé, fragile. On dirait presque des Têtes de vieillard. Cependant, l’heure n’est pas à la langueur végétale – ni automnale. Non. Ces enveloppes nuageuses abritent en leur sein des esquisses de corps larvaires à la nudité mouvante qui tentent de s’extraire de leur coquille protectrice – ou hostile ? Lire la suite

Minéral

Paésine

© Laboratoire de Minéralogie – MNHN – Paris

La pierre-aux-masures de Florence porte en son cœur
Un mystère spontané chargé de douceur,
Auréole minérale au trait sûr
Et malicieux qui donne à voir un antique vécu,
C’est un accident miraculeux que vous n’avez peut-être point vu.

Feuilles de menthe perlées de rosée,
Roseau aux fissures et plumeaux parfumés,
Ailes fracturées par un ciel de lumière,
Bateaux coulés en mer,
Chasseurs de pierres à images, chasseurs de couleurs, Lire la suite