Anastomorose. Madeleine et Léonie # 33

« Au plus épais de ta nuit
armée de blancs desseins
l’aube point

Du phosphore de tes rêves
la lumière fait
l’appoint

Touché-coulé
tu sombres dans l’éveil
vertige ascensionnel où point à point ton corps
retrace contre toi
la mémoire maudite de la gravité

Alors
ça te revient
et les doigts encore gourds tu enfiles l’aiguille :

points de croix, points de vue
pointillés et points tus
sur les i, de côté, comptés et concédés
points épars et points barres
points morts à jamais vifs
poinçonnés à ton flanc
suintant une eau mêlée où ne surnage plus
qu’une question réduite à la portion congrue
de sa ponctuation »

Quyên Lavan, extrait de Point du jour, Revue Artichaut n° 3, juin 2018 (Son blog, ici)

Mad et Léo Automne

 

– J’ai perdu le fil.
– Oublie les jeux de mots filaires, veux-tu. Concentre-toi sur ton point mousse.
– Depuis quand mon point mousse-t-il ?
– Depuis que tes synapses se liquéfient.
– Vive le réchauffement climatique.
– Vive l’année nouvelle et les « points morts à jamais vifs » !

© andrea couturet 2019

15 réactions sur “Anastomorose. Madeleine et Léonie # 33

  1. Alors on effeuille l’artichaut ?
    c’est moins cruel que la marguerite, et, avec une vinaigrette, diablement bon. Je rigole,mais quand je vois les noms des auteurs (et leur textes), je me demande pourquoi je ne suis pas abonné… tiens, cette année, ça serait une idée 🙂

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