De marbre

Bernard Buffet - Le lapin-agile-et-sacre coeur

© Bernard Buffet, Le Lapin Agile et Le Sacré-Coeur, 1989

De marbre vêtues, de pudeur gravées, de frivoles affinités lient mes entrailles à ce château embrumé. Une folie blanche et fleurie que je fais mienne à tout jamais.

Glacial chemin de croix embaumé de Bohême.

Une inouïe violence me poursuit par-delà les moulins de la Belle Epoque jusqu’au Cabaret du Néant. Tout près, le Chat Noir et ses pièces d’ombre se perdent dans des limbes où se tourmentent mélodie et parodie. 

Prosaïque chemin de croix embaumé de Bohême.

Non loin, un Lapin vend de vieilles lunes aux chantres de la nuit. Sauvé par son ami de pierre, son agilité rend grâce au fils de l’homme…

Infrangible chemin de croix embaumé de Bohême.

Envahissantes, elles s’insinuent dans les méandres chaotiques de la mémoire, se prostituent sans humeur. Forcément, elles relèvent toutes de la douleur et d’un trompe-l’œil sous-jacent, de marbre vêtues, de pudeur gravées.

© andrea couturet
1990

12 réactions sur “De marbre

    • Le travail de Bernard Buffet m’a toujours intéressée. Je tente toujours de dissocier l’homme et l’oeuvre, même si l’exercice n’est pas facile.

      Il s’agit d’un texte très ancien, d’une époque où je n’allais pas très bien (j’ai changé deux mots !). 🙂

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  1. Ah ? Mais je ne connais pas du tout l’homme. Seulement ses tableaux.

    Étant adolescent, j’habitais près d’une galerie qui n’exposait que lui et la droiture de ses lignes m’est toujours apparue comme une griffure.

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    • Pardon, Aldor, j’ai lu un peu trop vite ton commentaire.
      Quant à moi, au contraire, je vois dans ces lignes un peu rigides et austères une beauté, une vie qui tente de se dire.
      J’aime beaucoup sa série de Têtes de clowns, notamment.
      Sa vision de la condition humaine me touche.

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      • En fait, la série tête de clowns était tellement galvaudée dans ma jeunesse ; on la voyait tellement partout ; elle était tellement devenue le symbole d’un certain art moderne pompidolien et presque officiel que je n’ai jamais regardé avec attention, encore moins avec empathie, et en ai gardé un préjugé négatif…

        Bon… Plein de choses à reprendre, chez moi.

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