Saul, page 27

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Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard.

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Gaëlle Josse

Pastel (pixabay)

Il parle fort. Trop fort. Sans raison aucune de hausser le ton, il parle fort, il rit fort. Il a le verbe haut. Qui veut-il sans cesse convaincre ? est-il si rassurant d’entendre ainsi sonner sa voix ? Son timbre wagnérien m’étourdit. Parfois, je lui demande de parler un peu moins fort. Je n’ose pas toujours. Quand j’ose il n’entend pas. C’est moi qui ne parle pas assez fort. J’ai du mal à faire entendre ma voix. Je m’aperçois que j’ai toujours cherché des hommes à la voix douce. J’aime qu’on me parle doucement. (page 36)

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Bernard Dimey

Les enfants de Louxor

Quand je sens, certains soirs, ma vie qui s’effiloche
Et qu’un vol de vautours s’agite autour de moi,
Pour garder mon sang froid, je tâte dans ma poche
Un caillou ramassé dans la Vallée des Rois.
Si je mourrais demain, j’aurais dans la mémoire
L’impeccable dessin d’un sarcophage d’or
Et pour m’accompagner au long des rives noires
Le sourire éclatant des enfants de Louxor. Lire la suite Bernard Dimey