Pour l’Agenda Ironique de janvier 2026

Madeleine. – (perdue dans une profonde pensée philosophique) Dis-moi, si tu avais l’opportunité d’interroger Dieu, tu lui dirais quoi ?
Léonie. – (perdue dans une didascalie sans intérêt métaphosphorique) Waouh. Elle a rien trouvé d’autre, comme thème, la déesse Qi-Bougonne ? Parce que ça ressemble presque à une blague, cette histoire qui n’a pas encore commencé…
Madeleine. – Justement, ne perdons pas de temps. Mettons-nous d’accord sur les questions à poser. Le sujet est brûlant donc pas de place pour l’improvisation.
Léonie. – (avec une emphase accablée d’ennui) Pourquoi l’impermanence n’est pas un rêve ?
Madeleine. – Quoi ?!
Léonie. – Bah, c’est une question existentielle à la con que tout le monde se pose, nan ? Et il serait intéressant d’obtenir une réponse clarinette.
Madeleine. – Très bien. J’ai compris. J’y vais seule.
Léonie. – Où ça ?
Madeleine. – JEVAISVOIRDIEU !
Léonie. – T’as son adresse ? Son portrait-robot ? Ne me dis pas que t’as son 06 ?!!!
Madeleine. – D’yeux, il n’en a point mais il est partout. Il suffit d’ouvrir l’œil et le bon.
Léonie. – T’as perdu ton humour ou quoi ? D’ailleurs, pourquoi « il » ? Tu risques de t’attirer les foudres des féministes et consorts. Dieu est grande, c’est pas mal, nan ? (un temps) Allez, allons à la rencontre de ielle ou iel ! Ciel, je n’sais plus comment ça s’écrit ! Mais qui s’en fout ? Moi.

Madeleine. – Tiens, une fourmi. Hou hou ! Attendez ! Juste une question ! En deux mots (si possible), qui êtes-vous, d’où venez-vous et où allez-vous ?
La Fourmi. – Désolée, pas l’temps pour ce genre de conneries.
Léonie. – (elle l’écrase) On avait dit deux mots.
Madeleine. – AAAHHH ! T’es complètement givrée ou quoi ?! Pourquoi t’as fait ça ?!
Léonie. – (dans un murmure) Dieu m’a dit d’le faire.
Madeleine. – C’est ça. Jodie Foster t’as dit d’le faire ! Le Plumitif antédiluvien t’as dit d’le faire ! PSYCHOPATHE !
Léonie. – Écoute, si on considère le verre à moitié plein (d’eau non pétillante), on constate qu’il recèle une infinité de questions. Par exemple, pourquoi ai-je commis un acte si odieux ? Pourquoi un atome d’oxygène et deux atomes d’hydrogène dans l’eau plate et non l’inverse ? Qu’est-ce qui m’a poussé à agir de la sorte ? Pourquoi n’ai-je aucun scrupule ? Comment cette fourmi s’est-elle retrouvée sur notre chemin ? Pourquoi…
Madeleine. ÇA SUFFIT ! Et ne t’avise pas de toucher à un seul cheveu de cette pâquerette !
Léonie. – Des pâquerettes ? Où donc ? Des pâquerettes en hiver ?!
Madeleine. – Chère Pâquerette, ce rose carmin vous va à ravir ! D’où vous vient votre beauté si radieuse ?
La Pâquerette. – L’électromagnétisme de mon rayonnement intérieur, ma chère.
Léonie. – Sérieux ?! Elle se prend pour la Rose de l’astéroïde B612, cette Pomponette ?! Mais enfin, Madeleine, tu ne vois pas que ce décor appartient au passé et que, par conséquent, il n’existe pas ! Ou plutôt, il n’existe plus ! Cette photo a été prise il y a plusieurs millions d’années !
Madeleine. – Et alors ? Je peux être ici et là-bas. J’exerce mon droit à l’ubiquité, comme l’enseigne le Cantique des quantiques. Pardonnez-moi. Je vous écoute.
La Pâquerette. – Vous savez, mon créateur est très discret. Je crains de vous décevoir car je ne l’ai jamais rencontré.
Léonie. – (à Madeleine) Ah d’accord ! Tu te déplaces dans l’espace-temps en deux temps trois mouvements et quatre-épices ! En défiant la vitesse de la lumière ! J’ignorai ton super-pouvoir. (in petto) Ma parole, elle se prend pour Dieu.
Madeleine. – (à la Pâquerette) Vous me voyez fort désappointée, en effet. Heu… Où peut-on trouver La Main de Bouddha ?
La Pâquerette. – Elle se mercure les ongles au bout de l’impasse, immédiatement à gauche. Bonne pêche citronnée !
Madeleine. – Merci !
Léonie. – Hé ! Quand tu s’ras sortie de ton délire quantico-quadri-dimensionel, fais-moi signe !
Madeleine et Léonie ont poursuivi leur quête. Elles ont interrogé les nuages, les arbres, le vent, les roches, Bêta du Centaure (le chat de la voisine), mon ficus, la poussière dans l’air, les graines noires d’un kiwi vert, les rayons ultrarouges et infraviolets de l’outrenoir cosmique. Elles ont même poussé la porte de l’Hôtel-Dieu – sans succès. Jusqu’à cette soirée d’hiver, pas si lointaine.
Andrea. – QUI A FAUCHÉ MON SMARTPHONE ???
Madeleine. – Dépêche-toi ! Le numéro ! Et mets sur haut-parleur.
Léonie. – Ouais. Une seconde. Allô ? Allô Dieu ?
Le smartphone. – hwhykrk… xrkhhww…
Madeleine. – Alors ?
Léonie. – Y a une sorte de grésillement. Allô ?
Le smartphone. – Votre corr… whykrrh… pon… hwhykrr… dan… xwhwkrx…
Léonie. – Mmm… Bizarre, y a pas de voyelles.
Madeleine. – (gros soupir) De toute façon, c’est cui-cui. On est hors-jeu, hors-d’œuvre, hors-sujet. Je suis morte. On réessayera demain.
(un temps)
Léonie. – Et donc, l’impermanence ? Rêve ou réalité augmentée ?
© Andrea pour épaisseur sans consistance, 2026
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Ma participation à l’Agenda ironique de janvier 2026 organisé par Jobougon
La proposition ? Interviewer Dieu ! Les consignes ? Insérer au-moins quatre des neufs morceaux de phrases suivants *.
1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague3 – Succession de bruits4 – Comme un avis à la population5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour
* Extraits des 366 réels à prise rapide de Raymond Queneau
Photo Système solaire, pixabay.com
Complètement ouf, tel qu’on s’marre à se rouler par terre,
merci Madeleine et Léonie d’avoir mené l’enquête jusqu’à l’agenda.
Les jeux de mots qui jalonnent la participation sont des perles du verbe.
Franchement, trop bon !
L’impermanence existe VRAIMENT, ce n’est pas un rêve.
😀😉😋😎😍
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Dieu merci, Jo ! 🙏 Ce n’était point facile. 😁
L’impermanence n’est pas un rêve. Bien-sûr ! J’adore cette phrase ! (Pour mémoire. Ne pas prendre à la lettre tout ce que raconte les dames au chapeau !).
PS. Dieu m’a dotée de l’esprit d’escalier. 🥴 D’où la lenteur de mes réponses, de mes commentaires. Bref.
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L’esprit d’escalier, wouah ! Je découvre l’expression, c’est d’une poésie telle qu’un tas d’auteurs s’en sont emparé pour écrire.
Vraiment très belle expression, merci.❤❤❤
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Normal que la piste de l’Hôtel Dieu n’ait pas abouti, ici ils en ont fait un cinq étoiles… On reste dans la stratosphère quoi qu’il en soit.
Sympathie innée pour Léonie et Madeleine ! merci Andréa
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L’Hôtel Dieu de Marseille devenu cinq étoiles ! Encore un coup de l’Impermanence !
Merci Gibulène d’être passée par ici !
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Merci à vous deux, Madeleine et Léonie pour votre art de discuter et y fourrer tout et rien à partir d’une question plutôt sotte et grenue ! J’adore ❤
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Merci Patchcath !
Oh, mais je vois que vous avez un compte Instagram. Je vais y aller voir !
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Insta c’est visuel, sans trop de mots. Dommage, j’ai laissé mon blog un peu de côté. Mais je suis et lis les différents textes de l’AI, j’aime beaucoup ces bousculeurs de mots ❤
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Ça y est ! Vous comptez un follower de plus ! 😁 J’aime beaucoup vos créations pleines de couleurs et de joie. 🌸
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Bon jour Andrea,
Diantre, deux personnages de belles envergures liés par leur personnalité opposée qui se tiennent tête… et puis la fourmi et la pâquerette… ce tout à la fois surréaliste et existentiel est finement brodé…
Bonne journée
Max-Louis
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Merci, Max-Louis, de votre passage ici.
Une broderie cousue de fils blancs… c’est tout ce que j’avais sous la main ! ☺️
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Bravo ! Une histoire pétillante qui fourmille d’idées pas dieu possible !
PS. je n’ai pas vu le mot « pococurantisme » , pour s’en souvenir il faut l’utiliser Andréa.
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Merci Jamadrou !
J’ai publié mon texte AVANT d’avoir lu le tien ! Donc, pas d’inquiétude, je garde sous le coude ce beau pot-cocu…
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Popo caca sera le code madame Andréa
😉
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Madeleine et Léonie ne déçoivent jamais !!!!🌌🪐
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Mille merci, Andréa, de nous faire partager leur épatante mauvaise foi, leur râlerie jamais prise en défaut, leurs réparties cinglantes et sanglantes, et tout à la fois la hauteur de leurs vues, la précision de leurs analyses, leur art de mêler le tutti et le quanti !!!
surtout que bon, ça n’doit pas être évident de vivre avec elles tous les jours 🙂
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N’en jetez plus, cher Jérôme, il y a décidément trop de légumes dans le jardinet de l’arrière-cour !
A demain pour la suite !
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