En attendant Gasser

Madeleine et Léonie # 36

Gasser - Mad et Léo

PIÈCE EN UN ACTE
Madeleine, Léonie, Solair, Dodo


LÉONIE. – On se les gèle.
MADELEINE. – On se les pèle.
LÉONIE. – Je ne comprends pas. On est bien au printemps, non ?
MADELEINE. – (elle fredonne)

Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent
Où les fleurs volent au vent si jolie mignonne…

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Belle

Notre-Dame de Paris, un roman, des chansons, une année,
Ombrageuse, cette année, sous les arbres du parc d’une Maison blanche,
Trop blanche – partout du blanc, dans les herbes folles, dans sa tête,
Regardez-le, il a perdu sa beauté dans celle d’une jeune fille qui l’a quitté un mois plus tôt.
Esmeralda, désormais, danse pour lui dans sa tête.

Dans la salle commune, des corps tanguent, s’agitent ou s’immobilisent
Au rythme de ceux qui courent comme des fous furieux après la rondeur d’un ballon
Magnifié par des maillots imprégnés d’eau, de sang, de sel,
En boucle, cette chanson, en boucle dans sa tête, devant la lucarne rectangulaire.

Dans sa caboche un peu abîmée, cette année-là,
Esmeralda sans fioritures dans la voix du loup-garou,

Pour rendre plus douce la profondeur de sa douleur, pour
Apprivoiser au mieux la blancheur des lieux,
Reconquérir la vie, l’épouser – à nouveau – pour toujours peut-être.
Infiniment, il escorte la jeune et belle gitane dans
Sa chambre, dans ses rêves, dans sa tête en feu.

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Ma participation n° 1 au Jeu 46, Acrostiche proposé par La Licorne du blog Filigrane.
Deux contraintes, ce mois-ci : Un titre imposé (Belle) et un texte en forme d’acrostiche pour rendre hommage à Notre-Dame de Paris.

Illustration. Esmeralda, Estampe, A. Yves, graveur, 1836, Gallica

Saul, page 27

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Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard. Lire la suite

Big Bang. Madeleine et Léonie # 34

Madeleine

 

 

 

– (in petto) « Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir« .

 

 

Léonie

 

 

Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

– (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !

– Tu me fatigues avec tes antiennes !

– (même jeu) « Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime« .

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Le copain d’après

Avertissement

Ce récit, fruit confit d’un travail collectif et joyeux, est une oeuvre de pure fiction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. En fond sonore, le Concerto pour deux mains gauches de Ravittgenstein (1).

Le son du silence

 

Direction musicale, Jo Bougon
Chef d’orchestre invité, Chachashire
Flûte, Marinade d’histoires
Hautbois, Victor Hugotte
Clarinette, Gibulène
Trombone, Max-Louis
Trompette, Palette d’expressions
Violon, Patchcath
Contrebasson, Carnets Paresseux
Piano, votre serviteur


Anatole Bourbonnet. Il est des noms qui vous retournent les sens, l’essence de l’esprit. Des noms qui ont le goût de l’enfance et la gueule des premiers émois. Ainsi Léonie, grâce à Gougueule, avait retrouvé son ancien camarade de jeux, Anatole Bourbonnet, rencontré à l’école primaire. Aujourd’hui, elle a rendez-vous avec lui à la Brasserie Le Pingouroux. Accompagnée de Madeleine (que voulez-vous, ces deux-là sont insécables par nature), un état d’excitation extrême l’anime. Pourtant, le quart-d’heure de politesse est passé depuis longtemps. Anatole viendra-t-il à la rencontre de Lėonie, son amour de prime jeunesse ?  Lire la suite

Pourquoi tant d’insolitude dans le monde ?

Agenda ironique d’Octobre-Novembre 2018
élaboré par Jo Bougon du blog L’Impermanence n’est pas un rêve
et synchronisé par Chachashire du blog Différence Propre et Singularités

Rappel de la règle du jeu coupée en quatre… euh, non… en trois !
et tirée par les cheveux ailés et emmêlés de nos joyeux lurons
Première étape, ici – Deuxième étape,  – Troisième étape, au secours !

Ma participation placeborieuse (deuxième étape)


Labyrinthe

1. Abominaffreux
– Quel mufle, quel nabot, ce type.
– Tu veux rire. C’est un abominaffreux personnage.

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Émouvance

Kreatur

Dans l’obscurité du plateau, on distingue d’abord un scintillement frémissant de forme oblongue dont la matière sibylline devient peu à peu manifeste, éclatante. Intrigante apparition que ce photophore ambulant (bientôt suivi par d’autres), affublé d’une chevelure de neige aux filaments à la fois solides et délicats, sorte de guirlande de laine aux sanglots étouffés, au maillage cristallisé, fragile. On dirait presque des Têtes de vieillard. Cependant, l’heure n’est pas à la langueur végétale – ni automnale. Non. Ces enveloppes nuageuses abritent en leur sein des esquisses de corps larvaires à la nudité mouvante qui tentent de s’extraire de leur coquille protectrice – ou hostile ? Lire la suite