Bérénice, Alice et Olivier

Il s’appelle LouisOlivier Louis et « pratique la reliure depuis trente ans, en amateur ».

Depuis 2015, sur son blog, il expose les reliures qu’il a réalisées au cours de toutes ces années. Mais pas seulement. Dans ses articles, il prend le temps d’expliquer avec soin et renfort de photographies le processus de fabrication d’un livre relié, lequel processus compte une série d’étapes dont vous ne pouvez imaginer le nombre ! Et je ne parle pas de reliure courante mais de reliure d’art. Lire la suite

I-grec

Ce matin, péniblement, je monte la petite côte qui mène à la gare. Bientôt, ma progression est empêchée par la présence d’une jeune fille, figée sur le trottoir – très étroit le trottoir. « Pardon ». Rien ne se passe. Je hausse légèrement la voix (il paraît que je parle doucement – ce que je confirme). « Mademoiselle, excusez-moi« . Aucune réaction. Lire la suite

Fritz Zorn

« Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul. Je descends d’une des meilleures familles de la rive droite du lac de Zurich, qu’on appelle aussi la Rive dorée. J’ai eu une éducation bourgeoise et j’ai été sage toute ma vie. Ma famille est passablement dégénérée, c’est pourquoi j’ai sans doute une lourde hérédité et je suis abîmé par mon milieu.

zorn_mars.indd

Naturellement j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi si l’on en juge d’après ce que je viens de dire. Cela dit, la question du cancer se présente d’une double manière : d’une part c’est une maladie du corps, dont il est bien probable que je mourrai prochainement, mais peut-être aussi puis-je la vaincre et survivre ; d’autre part, c’est une maladie de l’âme, dont je ne puis dire qu’une chose : c’est une chance qu’elle se soit enfin déclarée. Je veux dire par là qu’avec ce que j’ai reçu de ma famille au cours de ma peu réjouissante existence, la chose la plus intelligente que j’aie jamais faite, c’est d’attraper le cancer« .

Fritz Zorn, Mars, Kindler Verlag GmbH, 1977 – Gallimard, 1979 pour la traduction française, Préface d’Adolf Muschg, Traduit de l’allemand par Gilberte Lambrichs